Revue de presse sur le quartier Croix-Rouge - articles - avril 2021.


http://www.quartier-croix-rouge.info/ecrire/?exec=articles_edit&id_article=1267#previsuVoir


Quelques articles ne proviennent pas du journal « L’union » ; l’origine est alors indiquée par le lien en tête d’article.

Les notes de bas de page [ ] sont du rédacteur.

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l’union 210416a
sécurité : Quinze policiers en plus dans les quartiers sensibles

Les policiers nationaux sont régulièrement appelés dans les quartiers.Archives Hervé Oudin
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Reims Le ministre de l’Intérieur vient de confirmer, hier, l’arrivée d’effectifs supplémentaires comme il s’y était engagé en septembre.

Une bonne nouvelle peut en cacher une autre. Après l’annonce d’une rallonge de 50 millions d’euros pour le nouveau CHU, l’État a officialisé, hier, par le biais du ministère de l’Intérieur, l’affectation de quinze policiers nationaux supplémentaires à Reims, dans le cadre de l’expérimentation du quartier de reconquête républicaine (QRR) intégrant les périmètres de Croix-Rouge, Wilson et Orgeval.

Par courrier, Gérald Darmanin vient de signifier à Arnaud Robinet l’arrivée de ces renforts. Le premier en avait fait la promesse au second, en septembre dernier, au cours d’une visite express dans la cité des sacres, faisant suite notamment à un été très agité à Croix-Rouge. Depuis, la confirmation se faisait attendre.

Le sujet est revenu de manière brutale sous les feux de l’actualité à la suite de l’agression de notre photographe Christian Lantenois, le 27 février, toujours à Croix-Rouge. Dans la foulée, le maire Arnaud Robinet avait rappelé l’État à ses engagements afin d’assainir un quartier gangrené par le trafic de stupéfiants.

« Ces effectifs supplémentaires sont tout à fait nécessaires et marquent la volonté du ministre d’accompagner les efforts de la Ville au plan sécuritaire » , a salué, hier, le maire de Reims.

Car le propos reste plus que jamais de circonstance. Mercredi soir, c’est à Orgeval, cette fois, qu’un homme a été blessé par arme à feu (lire en page 14). Pour freiner l’escalade de la violence, la Ville a doublé de son côté l’effectif de sa police municipale qui est passée de 59 à 120 agents au cours du premier mandat d’Arnaud Robinet.

Olivier Durand

 

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l’union 210415a
Aménagement : Reims candidate pour installer une ferme urbaine à Croix-Rouge

Une zone en cours de démolition de Pays de France est l’un des deux lieux envisagés par la mairie. Aurélien Laudy
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Deux sites ont été identifiés pour accueillir cette ferme urbaine : Pays de France et l’hippodrome de Reims. Si elle est lauréate, la Ville bénéficiera de fonds nécessaires pour poser les premiers jalons de cette structure. Les résultats seront communiqués d’ici l’été.

Des tomates et des carottes vont-elles bientôt pousser au milieu des tours de Croix-Rouge ? Ce quartier populaire de Reims, bordé au sud par une rangée de jardins familiaux, pourrait voir se développer d’ici une bonne année une ferme urbaine en son centre.

Une pierre, deux coups

L’occasion pour Sylvain Villière, directeur de la direction de la politique de la Ville « chargé de développer ce que les élus demandent » , de faire d’une pierre, deux coups : diversifier les activités dans ce quartier prioritaire et contribuer à la végétalisation de Reims.

Le pari n’est pas pour autant gagné d’avance. L’avenir de cette idée est suspendu à la décision de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru).

Cette dernière a lancé dans le cadre de son Nouveau Programme de Renouvellement Urbain (NPRU) un appel à projet baptisé « quartiers fertiles ». L’ambition est simple : développer l’agriculture dans les zones sensibles du pays.

« Grigny, Bobigny, les quartiers nord de Marseille et donc Croix-Rouge peuvent candidater pour obtenir de l’aide de l’État , développe le directeur de la politique de la Ville. Mais tous ne pourront pas être choisis. »

Le vœu de la municipalité est de mêler agriculture et insertion professionnelle. « On souhaite créer une dynamique de retour à l’emploi autour de la ferme. »

Un choix évident dans cet arrondissement de 25 000 habitants fortement touché par le chômage.

À Pays de France

Deux sites ont été identifiés pour héberger ce programme. Le premier est situé dans la zone Pays de France. En face du lycée Arago, bordé par les allées des Béarnais, des Bourguignons et des Landais, un groupement d’HLM composé de 900 habitations est en train d’être démoli. Une opération prévue pour durer quatre ans.

À terme, ces terrains vagues et le parking public mitoyen formeront un espace de quatre hectares . « Il n’est pas écrit que l’on va reconstruire, avance prudemment le directeur de la politique de la Ville. Une partie pourrait très bien accueillir la ferme urbaine. On pourrait commencer par plusieurs centaines de mètres carrés et l’étendre progressivement à mesure des démolitions, sans pour autant occuper tout l’espace. »

La municipalité et le Foyer rémois, bailleur des lieux, ont déjà discuté de cette éventualité. « Le dossier est bien avancé » , estime Sylvain Villière.

Ou dans l’hippodrome

La seconde option : l’hippodrome de Reims. La Ville entend miser sur « la relation de qualité » qu’elle entretient avec la société des courses de Reims pour la convaincre d’installer des plantations au beau milieu des pistes. Après tout, les deux acteurs ont bien envisagé par le passé de construire un parking et de pérenniser un practice de golf sur cet ovale enherbé.

Et puis, « il y aura des contraintes pour ne pas gêner la visibilité des courses. Il est donc hors de question d’installer des serres à cet emplacement », tient à rassurer Sylvain Villière. Pour ce dernier, l’hébergement de la ferme urbaine dans l’hippodrome permettrait de renforcer les liens entre « ce bâtiment historique, intégré dans le quartier depuis ses débuts, et les riverains ».

Décision avant l’été

Si le cap est donné, que « certains acteurs locaux ont déjà montré leur intérêt » et que la recherche de partenaires, notamment une entreprise d’insertion, se poursuit, « on en est qu’au stade des idées », reconnaît Sylvain Villière.

La candidature rémoise est donc axée sur une demande de financement pour peaufiner le travail « d’ingénierie » pendant un an. Autrement dit, concrétiser le projet.

L’Anru va-t-il être sensible à la proposition rémoise ? « On le sent bien. Croix-Rouge est un quartier qui suscite beaucoup d’attention en ce moment dans de nombreux ministères, croit savoir le directeur. Mais peut-être que d’autres villes sont plus avancées sur le projet et sauront se montrer plus convaincantes. »

Verdict d’ici la fin du mois de juin.

À retenir

Une ferme urbaine va peut-être être créée dans le quartier Croix-Rouge.

Elle sera un outil pour faciliter l’insertion professionnelle des habitants.

Un concept candidat à l’appel à projets « quartiers fertiles », lancé par l’Anru.

Deux sites ont été retenus : une zone en cours de démolition à Pays de France et l’hippodrome de Reims.

Alice Beckel

Video sur le site de l’union

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l’union 210412a
vie quotidienne : L’absence d’éclairage public dans sa rue l’angoisse

Lors de notre visite il faisait jour, mais à la nuit tombée, Maria ne voit plus rien de ce qui se passe dans sa rue, sept étages plus bas. A.P.
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Cette habitante de Croix-Rouge a mal vécu la panne survenue sur les lampadaires de sa rue. Heureusement pour elle, l’incident n’a pas duré.

Dans le noir Maria n’est pas très rassurée. La semaine dernière, cette habitante d’un appartement à Croix-Rouge a constaté qu’à la nuit tombée, sa rue Alain-Polliart restait plongée dans l’obscurité la plus totale. Et cela se répétait nuit après nuit. « Je le vis très mal » confie-t-elle, lorsque nous lui rendons visite. À ce moment-là, certes, il fait grand jour ; mais Maria a pris des photos de nuit pour nous donner une idée de ce que l’on voit alors sept étages plus bas : à la vérité pas grand-chose, si ce n’est un petit point rouge qui correspond à un catadioptre de voiture noyé dans la masse d’un noir profond.

« Les voitures garées en bas, on ne les aperçoit plus », commente notre interlocutrice ; ce qui veut dire qu’on ne peut plus les surveiller… Il y a aussi « des cris » qui résonnent régulièrement à l’extérieur, pas forcément rassurants en temps normal, et qui prennent une résonance encore plus inquiétante quand on n’y voit rien du tout…

Juste un Tweet

Maria n’a pas su comment s’y prendre pour signaler la panne (il suffit d’appeler la mairie, lire par ailleurs), « je n’avais pas le numéro de téléphone pour joindre la ville » dit-elle ; elle n’a pas voulu non plus composer le numéro d’urgence de son bailleur, se disant que ce n’était pas la bonne marche à suivre. Elle s’est donc contentée de commenter un tweet de la Ville vantant les éclairages bleutés colorant les édifices publics à l’occasion de la journée de l’autisme. Un gazouillis qui ne lui a pas été d’un grand secours.

La venue de L’union en revanche a eu des suites plus positives. Interrogée par nos soins sur cette panne, la Ville nous a en effet répondu. Elle n’était pas au courant (sans jeu de mots), mais a réagi : « Un agent municipal s’est rendu sur place ce matin (7 avril) et a constaté une disjonction au niveau du disjoncteur général de l’armoire de commande. L’éclairage a été remis en marche forcée d’abord, puis en fonctionnement normal. La présence de réseau aérien soumis à des rafales de vent pourrait expliquer la panne. » Toujours est-il que les angoisses de Maria n’ont maintenant plus lieu d’être.

les faits

La semaine dernière, une habitante de la rue Alain-Polliart, quartier Croix-Rouge, constate que sa rue au bas de l’immeuble reste plongée dans le noir la nuit, faute d’éclairage public.

Elle déclare vivre assez mal cet incident mais ne sait pas vers qui se tourner pour le signaler ; elle se contente de twitter à la suite d’un message de la Ville.

L’union intervient sur ce problème, et signale la panne à la Ville. Peu après, la panne est réparée.

Antoine Pardessus

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l’union 210411b
Bibliothèques et médiathèques

Les bibliothèques passent au drive.

Ouvertes au public :
-  Médiathèque Jean-Falala fermée dimanche et lundi ;
-  Croix-Rouge fermée dimanche et lundi ;
-  Chemin Vert fermée dimanche et lundi ;
-  Carnégie fermée dimanche et lundi ;
-  Laon-Zola fermée dimanche et lundi.
-  Saint-Remi fermée dimanche et lundi.
-  La bibliothèque Holden est fermée jusqu’au 26 avril inclus.

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l’union 210411a
insolite : Les Rémois se jouent des clichés

Parmi les dix commandements des Rémois : préférer sa cathédrale à celle de Paris.Archives Aurélien Laudy
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Reims Via un site décalé, la toile s’est amusée dernièrement des us et coutumes des habitants de la cité des sacres, entre petites manies du samedi soir et grands principes de vie.

Le site internet Topito raffole des classements en tous genres, avec un ton décalé et un humour caustique qui surfent sur les clichés. Les facétieux auteurs ont fait marcher leurs méninges pour sortir un nouveau « Top 10 », consacré, cette fois, à la cité des sacres et à ses habitants (lire ci-contre). Enfin, pas si nouveau, puisqu’un semblable palmarès avait déjà émergé il y a deux ans. Bref, ne faisons pas la fine bouche. Dans un contexte aussi anxiogène, on ne va pas se priver d’une bonne tranche de rigolade.

Les internautes ont trouvé bien d’autres idées pour compléter ce classement

Revenons à nos moutons : comment savoir si vous êtes un Rémois pur jus ? Eh bien, c’est simple, si vous buvez du champagne, que vous passez vos samedis soir à naviguer d’un établissement à l’autre de la place d’Erlon (hors restrictions sanitaires, bien sûr) et que vous allez, le dimanche matin, évacuer les toxines en allant courir le long du canal, alors vous avez des chances de vous reconnaître dans ce classement.

Comme c’est toujours le cas, tout est matière à forcer le trait. Notamment quand il s’agit de jouer sur la soi-disant rivalité entre Ardennais et Rémois, dont Topito se gausse régulièrement. Le sujet, il faut bien l’admettre, est du genre à délier les langues. Les internautes s’en sont plutôt amusés, comme de l’ensemble de ce classement. Au point d’y ajouter leurs contributions, parfois loufoques, parfois frappées au coin du bon sens. Trentenaire et Rémoise depuis quelques années, Alice rappelle ainsi que tout bon Rémois parle de « Jean-Jau » et non de « Jean-Jaurès » en évoquant à la fois l’avenue et le quartier autour. Question toponymie toujours, le filon semble inépuisable : « Il n’y a qu’à Reims qu’on sait que Croix-Rouge, ce n’est pas seulement le nom d’une association ! »

Sur Instagram aussi

Même constat quand on prend le volant. « Tu sais que t’es de Reims quand t’as peur que les anges au sourire accrochés sur les ponts du boulevard des Tondeurs te tombent dessus ! » , abonde Claire, 28 ans, avec visiblement quelques souvenirs d’enfance qui remontent à la surface.

Sur le réseau social Instagram, la page « Wheninreims » s’est fait une spécialité, elle aussi, de ce genre de trouvailles, visuels stylés à l’appui, brocardant aussi bien les pavés glissants de la place d’Erlon que les aficionados des Crayères. « Nous sommes deux Rémoises, publicitaires, et nous souhaitions rendre hommage à notre ville natale, ses symboles et lieux de vie. L’idée nous est venue début décembre 2020, en pleine période de deuxième confinement , expliquent les initiatrices, qui souhaitent garder l’anonymat pour le moment. Notre but est promouvoir la vie rémoise et ses commerces de manière humoristique en ces temps difficiles. Notre inspiration nous vient de toutes les expériences que l’on a pu vivre à Reims, ainsi que celles de nos amis et de notre entourage. »

Face à ces différentes formes de dérision, il arrive que l’orgueil de certains habitants soit blessé. Découvrant le classement de Topito, et en particulier les points 8 et 9, une internaute, prénommée Laurence, a défendu sa ville bec et ongles : « Les biscuits roses sont excellents et il fait moins froid que dans certaines villes du sud de la France. On a un climat plutôt doux et Reims fait partie des villes les plus ensoleillées de la France. » Non, mais !

Le TOP 10 DE Topito

Pour être Rémois, il vous faut cocher au moins cinq de ces clichés.

1. Le champagne est ton Saint-Graal.
2. Tu utilises les expressions « s’empierger », « goyer », « entrucher ».
3. La cathédrale de Reims est bien plus haut placée dans ton cœur que Notre-Dame de Paris.
4. Tu connais la place d’Erlon en long en large et en travers.
5. Tu vas courir le long du canal.
6. Tu ne rates jamais les Fêtes johanniques.
7. Tu voues une haine infinie aux Ardennais.
8. Tu as un peu honte de dire que la spécialité de Reims, ce sont les biscuits roses.
9. Tu as développé une assez bonne résistance au froid.
10. Tu es allé réviser ton bac à la médiathèque Jean-Falala.

OLIVIER DURAND, journaliste à la rédaction de reims : Une immersion ralentie par le Covid

Découvrir Reims en pleine pandémie, c’est un peu comme s’abonner à Netflix en ayant un modem 56 k. Frustrant. Les mille et une joies de la place d’Erlon, évoquées par Topito, ne sont pour le moment qu’une douce promesse remisée à des jours meilleurs. Difficile, dans ces conditions, de devenir un vrai Rémois. Reste le champagne, que ce satané Covid ne nous a pas encore enlevé. Tant qu’on fait attention à ne pas s’entrucher, cela va sans dire.

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l’union 210410a
politique : Reims candidate au label Cité de l’emploi

Après une visio en sous-préfecture, la ministre Nadia Hai s’est rendue en mairie pour rencontrer le maire de Reims et la présidente du Grand Reims.
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Nadia Hai, ministre de la Ville, était en visite hier matin, confirmant la dotation pour le quartier Croix-Rouge de six éducateurs et six adultes relais pour deux ans. La Ville en a profité pour évoquer son intérêt pour le label Cité de l’emploi.

Les quartiers prioritaires de la politique de la Ville étaient au menu d’un déplacement à Reims vendredi matin de la ministre déléguée de la Ville, Nadia Hai. La membre du Gouvernement a notamment dirigé une visioconférence en sous-préfecture de 10 à 12 heures réunissant plusieurs collectivités du Département.

Mais une séquence rémoise plus spécifique s’est déroulée dans la foulée dans le bureau du maire, Arnaud Robinet (LR), en présence encore de Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims, et Philippe Wattier, adjoint à la politique de la Ville. Il y a été question bien sûr des fameux bataillons de la prévention pour lesquels le quartier Croix-Rouge a été retenu. Nadia Hai a confirmé le chiffre de six éducateurs spécialisés et six adultes relais (médiateurs). Un doute subsistait à ce sujet, tout comme pour la durée de l’engagement de l’État. Pour l’heure, il s’agit de deux ans, mais qui pourrait être poursuivi a expliqué Arnaud Robinet qui s’est dit très satisfait de l’entrevue d’une heure. « Nous avons rencontré une ministre à l’écoute qui connaît bien ses dossiers. »

L’édile de la cité des sacres a rappelé que 70 % des habitants en quartiers prioritaires dans la Marne étaient à Reims. « Nous avons encore évoqué l’important taux de logements sociaux, la politique de peuplement, etc. » Voilà pour le contexte. Reste à savoir comment vont se mettre en musique ces éducateurs et adultes relais. Concernant les éducateurs notamment, il s’agit du domaine du Département, qui dispose déjà de cinq éducateurs dans le quartier sur les vingt qu’il déploie sur Reims. « Nous sommes en discussion avec le Département. S’il ne veut pas porter les éducateurs, on le fera. En attendant, notre souhait est l’installation d’une structure au cœur du quartier Croix-Rouge avec les adultes relais, pilotée notamment par un chargé de mission de la Ville, réunissant l’ensemble des acteurs sur un site. Philippe Wattier a fait des propositions. » Le public visé est plutôt les jeunes de 12-25 ans, en particulier les 12-16 ans, dans un quartier où 48 % de la population a moins de 25 ans. L’idée est d’aller vers eux.

La Ville de Reims a profité aussi de la visite de la ministre pour montrer son intérêt pour le label Cité de l’emploi, dont bénéficie déjà Sedan dans les Ardennes par exemple, alors que le taux d’emploi à Croix-Rouge est de 47 %. « L’État pourrait nous accompagner financièrement dans le cadre de ce programme » qui offre des parcours personnalisés aux demandeurs, avec une fois de plus le souci de réunir tous les partenaires en un guichet unique. « Cette Cité de l’emploi serait complémentaire de la Cité éducative déjà mise en place sur Croix-Rouge. » Une cohérence qu’avait appelée de ses vœux Éric Quénard, PS, lors du dernier conseil municipal. « Les politiques publiques doivent s’imbriquer efficacement. » Il avait appelé de ses vœux qu’à côté de l’État, les autres collectivités renforcent dans le même temps leurs moyens dans le domaine de la prévention et de la médiation, réclamant des états généraux des quartiers populaires.

Yann Le Blévec

Permettre aux habitants d’espérer un avenir meilleur

La section de Reims de la France insoumise a réagi à la venue de la ministre et au lancement des « bataillons de la prévention ». « La France insoumise salue l’arrivée de ces 12 personnels (6 médiateurs et 6 éducateurs) à Croix Rouge, où les habitants doivent quotidiennement faire face à des atteintes aux biens et aux personnes. Nous nous réjouissons que le gouvernement macroniste sorte d’une logique de dérive sécuritaire et prenne enfin la mesure de la nécessité de la prévention de la délinquance. Nous avions fait cette proposition dans notre programme pour les élections municipales de 2020. »

La France insoumise reste cependant vigilante à ce qu’il ne s’agisse pas seulement d’un effet d’annonce. « Nous appelons de nos vœux à ce que la majorité municipale et le Département l’étendent aux autres quartiers prioritaires de Reims. La France insoumise pointe depuis longtemps le désengagement de l’État et des collectivités territoriales, par voie de conséquence pour les services publics d’éducation et de protection de l’enfance, de prévention spécialisée et de médiation. »

Pour la France insoumise, la prévention ne passe pas uniquement par le déploiement de médiateurs et d’éducateurs spécialisés mais aussi et surtout par permettre aux habitants de pouvoir espérer un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants. « Aussi, nous trouvons très insuffisant le strict maintien des subventions accordées par la mairie à la mission locale de Reims, alors que la précarité a très largement augmenté chez les jeunes. Une augmentation substantielle des moyens accordés était nécessaire. »

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l’union 210409c
société : À Saint-John-Perse, l’angoisse des exilés

Une famille soudée, mais sans aucune certitude sur son avenir. O.D.
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Deux nouvelles familles albanaises ont trouvé un point de chute provisoire dans ce parc où, régulièrement, des demandeurs d’asile viennent s’installer.

Un froid de canard vient rougir les joues de la petite Vanabel, deux ans. Ce début de mois d’avril a des allures de Toussaint. Sous leur tente, Vate, Vjollce et leurs quatre enfants se réchauffent comme ils peuvent. Cette famille albanaise vient d’atterrir au parc Saint-John-Perse. Quelques sacs, deux vélos en plus ou moins bon état et des couvertures offertes comme on distribue des gilets de sauvetage à des naufragés. Leur situation est celle de tant d’autres exilés, à travers la France et l’Europe. Leur pays d’origine, ils ne veulent pas en entendre parler.

« Notre maison a été partiellement détruite par un tremblement de terre » , explique Vate. L’Albanie n’est pas seulement secouée par les séismes. Elle souffre aussi d’une corruption généralisée et de méthodes mafieuses qui ont poussé de nombreuses familles sur les routes de l’errance, à la recherche d’une vie meilleure.

Vate, sa femme et ses enfants ont brièvement posé leurs bagages en Allemagne, sans succès, puis sont arrivés en France. Après deux ans à Chaumont, en Haute-Marne, où la petite dernière est née, tout ce petit monde a dû rassembler ses maigres affaires. « Nous étions arrivés au bout de notre procédure de demande d’asile. Nous avons dû partir et quitter notre appartement » , retrace le papa, dans sa langue natale. Son fils, Vans, fait l’interprète. Ses petites sœurs, Vanesa et Vana-Maria, parlent français, elles aussi. La plus grande des deux, sept ans, raconte l’école à Chaumont, la nostalgie de sa maîtresse et de ses camarades. « J’étais amie avec toute la classe » , dit-elle fièrement.

On attend

Aujourd’hui, la fratrie n’est plus scolarisée. Vate, qui a travaillé un peu dans la réparation des vélos à Chaumont, est désœuvré. Les journées sont restreintes au périmètre du parc. « On attend » , résume la maman dans un sourire las. Ozanam (accueil solidaire) les aide pour les repas et le collectif Sövkipeu leur apporte un soutien matériel. Et assure une présence humaine. « On passe tous les jours » , confie Fabien Tarrit, l’un des bénévoles.

Pour se laver, la famille se rend au Secours catholique, dans le centre-ville. « Parfois, on prend le tramway, mais quand on n’a pas de ticket, on marche » , décrit Vjollce. Et sans toilettes à proximité des tentes, l’hygiène est rudimentaire. « Dans les buissons » , déballe Vanesa, avec le langage direct des enfants. Un problème, parmi d’autres, hérité de ce nomadisme dont ils ne voient pas le bout. Les parents tentent de relancer une procédure, mais semblent perdus dans les couloirs de l’administration. L’urgence, en attendant, est de trouver un toit. « Il faut appeler le 115 tous les jours » , les enjoint Fabien Tarrit. Le scénario des jours prochains est imprévisible. Dernièrement, des Albanais, comme eux, avaient dû quitter les lieux, précédant l’arrivée de la police.

Le temps se couvre. Vanabel, petite tornade, tente quand même d’enlever ses chaussures. Les enfants ne se plaignent pas, mais sont vêtus a minima. Dents du bonheur et sourire enjoué, Vanesa évoque sa vie à Chaumont. À quelques mètres d’eux, une autre famille campe aussi. Des Roms qui vadrouillent en Europe depuis huit ans, deux adultes et neuf enfants. La maman est enceinte. Bidons d’eau à la main, les aînés font un signe de la tête. La débrouille est une routine.

Olivier Durand

Un appel à l’aide

Le collectif Sövkipeu a alerté, par lettre, le préfet de la Marne sur la situation des deux familles albanaises : « Elles ne sont hébergées nulle part, comme de nombreuses autres personnes, malgré des appels fréquents et réguliers auprès du service d’hébergement d’urgence ». Le collectif, demandant de « l’humanité », a fait suivre ce courrier à la mairie de Reims et à la députée Aina Kuric.

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l’union 210409b
environnement : Il faut savoir patienter pour une parcelle de jardin

Le président Monflier (à gauche, ici avec un membre de son bureau) ne demanderait pas mieux que d’ouvrir plus largement les portes, mais le nombre des parcelles n’est pas extensible…A.P.
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Reims Les listes d’attente des jardins familiaux sont parfois longues. Surtout depuis l’annonce du nouveau confinement, même si la demande a toujours été plus élevée que l’offre. Nombreux sont ceux qui rêvent d’un petit coin de paradis.

Oui, il y a beaucoup de demandes ; ça se comprend, avec la pression du Covid, les gens ont envie de s’évader… » Le président Yves Monflier nous décrit ainsi la situation de son association des jardins familiaux de Pays-de-France, à l’orée de Croix-rouge.

Car on peut s’évader sans aller très loin de Reims et sans se ruiner (compter 40 euros par an, parfois moins : certaines associations ne demandent que dix centimes du mètre carré par an), en se lançant tout simplement dans le jardinage d’une parcelle.

Seulement vous ne serez pas le seul à avoir la même envie de faire pousser vos carottes ou vos pommes de terre : « Depuis l’annonce du nouveau confinement, j’ai trois ou quatre demandes par jour , assure ainsi Jean-Pierre Krywalski, qui préside aux destinées des jardins des Trois-rivières ; et ce n’est pas forcément pour jardiner d’ailleurs ; certains me disent carrément qu’ils ont juste envie d’un petit coin pour respirer ou pour faire jouer les enfants… »

Il faut donc savoir se montrer patient. « Sur notre liste d’attente, il y a en ce moment une dizaine de noms , indique ainsi le président Krywalski, sans compter ceux que je renvoie vers la mairie pour qu’ils écrivent leur lettre de motivation… » (voir aussi par ailleurs). Mais à Pays-de-France c’est encore pire : le président Monflier parle d’une cinquantaine de candidats inscrits sur sa liste ! Et le flot ne se tarit pas : « Dans un courrier Mme Miller (l’adjointe au maire chargée du dossier) nous a transmis encore cinq demandes, et nous avons reçu aussi trois appels téléphoniques… Et quand on nous demande : Il faut attendre combien de temps avant de pouvoir espérer avoir une parcelle ? Je réponds : Je ne sais pas ! »

Cela fait trente ans qu’il a la même parcelle

Car il faut tout simplement attendre qu’une des 70 parcelles disponibles à l’association se libère : cela peut intervenir lors d’un déménagement par exemple, ou bien lorsqu’un occupant devenu un peu trop âgé ne se sent plus trop la force de biner son lopin…. Quand on a la chance de se voir attribuer un bout de terrain, on n’y renonce pas si facilement. À l’image de Georgy, adhérent, lui, à Croix-du-sud : « Cela fait trente ans que j’ai ma parcelle, je ne l’ai jamais lâchée ! » Il a de bonnes raisons pour ça : « Le jardinage m’apporte une grande évasion dès que je quitte l’appartement, cela permet de se décontracter, de se dépenser physiquement dans un havre de paix, pour moi c’est pratiquement thérapeutique ! »

Petite consolation si l’on peut dire, le phénomène n’est pas nouveau : « En fait il y a toujours eu beaucoup plus de demandes que de places disponibles , reconnaît le président Monflier, mais c’est encore plus sensible depuis un moment, à cause du virus. » Georgy déjà cité se souvient pour sa part qu’avant de pouvoir prétendre à une parcelle il avait dû patienter deux ans ! Et c’était donc il y a trente ans…

Antoine Pardessus

Comment ça marche ?

« Il y a précisément 1 640 parcelles dont 770 sur le territoire de Reims (les autres étant sur le territoire de communes limitrophes et appartenant au Grand Reims) » précise l’adjointe au maire chargée du dossier, Laure Miller.

Toute personne domiciliée à Reims peut faire, dans une lettre de motivation, une demande de parcelle auprès de la collectivité qui la retransmet à l’association la plus proche du domicile du demandeur. Celle-ci prend généralement en compte la situation familiale et l’antériorité de la demande. Tout adhérent est soumis à une période d’essai. L’exclusion est possible en cas de mauvais entretien de la parcelle.

Chaque année plus de 100 demandes sont déposées. Le taux de renouvellement est de 6 à 10 % et le temps d’attente est d’environ d’un an pour obtenir une parcelle. Une autre forme de jardin collectif a fait son apparition depuis 2009. Il s’agit de parcelles mises à disposition par la collectivité à un collectif d’habitants qui cultive et anime ensemble cet espace. On parle alors de jardins partagés. 5 expériences de ce type ont été mises en place.

À Cormontreuil aussi, on refuse du monde

Il n’y a pas qu’à Reims que l’on se bouscule au portillon des jardins familiaux ; c’est aussi le cas à Cormontreuil par exemple, même si la pression n’est pas aussi forte que dans la cité des sacres : « Toutes nos parcelles sont occupées, affirme le nouveau président Lionel Petitpas ; nous en avons une quarantaine, et je suis obligé de refuser du monde en attendant que certaines se libèrent ; pour le moment j’ai quatre personnes en liste d’attente. Ce n’est peut-être pas énorme, mais j’ai l’impression que la demande est quand même plus forte qu’autrefois : il y a le confinement qui joue, et puis les gens ont davantage envie aujourd’hui de manger nature : les jardins familiaux répondent bien à cette évolution. »

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l’union 210409a
La ministre déléguée à la Ville à Reims aujourd’hui sans les caméras

 

 

La visite de Nadia Hai, ministre déléguée à la Ville, ce vendredi à Reims, est bien confirmée, mais le déplacement n’est pas ouvert à la presse, indique-t-on du côté de la préfecture.

Dans la cité des sacres, Nadia Hai devrait rencontrer la présidente du Grand Reims Catherine Vautrin, et le maire Arnaud Robinet.

Il sera question des quartiers populaires, notamment de Croix-Rouge, retenu dans le cadre des Bataillons de la prévention. Les discussions pourraient tourner autour du nombre d’éducateurs et de médiateurs prévus, des moyens financiers, de la durée des contrats de ces éducateurs et médiateurs…

 

 

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l’union 210408a
livres : Les bibliothèques s’adaptent

À titre temporaire, les abonnés ne pourront pas consulter et emprunter de documents sur place. Archives Remi Wafflat
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Confinement oblige, la bibliothèque municipale modifie une nouvelle fois le fonctionnement de ses établissements.

Pendant le confinement, et ce jusqu’au vendredi 30 avril, de nouvelles modalités de fonctionnement du réseau des bibliothèques et médiathèque de la ville de Reims sont mises en place. Certains services ont été modifiés et ce, pour continuer d’offrir un service culturel de proximité tout en préservant la sécurité de ses usagers.

À titre temporaire, les abonnés ne pourront pas consulter et emprunter de documents sur place

Côté emprunt et consultation de documents, les bibliothèques et médiathèques proposent un bibliodrive. À titre temporaire, les abonnés ne pourront pas consulter et emprunter de documents sur place. Le principe est de réserver ses documents sur le site internet de la bibliothèque puis, de retirer sa commande dans la bibliothèque ou l’arrêt de bibliobus de son choix (choix fait à la réservation). Chacun peut réserver 15 documents (livres, CD, partitions…) sur sa carte d’abonné. Rappelons que l’inscription à la bibliothèque est gratuite et peut se faire avec envoi de justificatif de domicile, via le site web, bm-reims.fr.

Un service de portage à domicile

La bibliothèque Carnegie continue, elle, d’accueillir des chercheurs, sur rendez-vous. Un service de portage à domicile est possible pour les personnes dans l’incapacité de se déplacer. Autre service de proximité, le bibliobus maintient la desserte de ses 18 arrêts, réorientée en bibliodrive avant la période actuelle de confinement.

Côté horaires d’ouverture : les médiathèques Jean Falala et Croix-Rouge et la bibliothèque Chemin-Vert, conservent leurs horaires, tout comme la bibliothèque Saint-Remi et le bibliobus (déjà en bibliodrive). La médiathèque Laon-Zola et la bibliothèque Carnegie passent en horaires adaptés. La bibliothèque Holden est fermée pour travaux jusqu’au 26 avril inclus.

Plus d’informations sur bm-reims.fr

et au 03 26 35 68 00.

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l’union 210407a
Justice Tribunal correctionnel : Six mois de prison pour le braquage loupé

Les auteurs ont tenté de faire main basse sur la caisse d’une station-service. Illustration R.W.
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Le 5 janvier 2018, deux hommes se présentent armés et cagoulés à la station-service BP, aux confins des quartiers Croix-Rouge et Châtillons afin de se faire remettre du numéraire. Mais le duo de malfrats ne franchira pas la porte de la boutique, fermée à clé. Les deux voyous repartent dare-dare mais leur Peugeot est filmée par la vidéosurveillance de la Ville et l’immatriculation relevée. Le véhicule est rapidement retrouvé. À l’intérieur : un fusil de chasse à canon scié et des vêtements dans le coffre.

Des empreintes sur la crosse

Grâce à l’ADN, la police a tôt fait de remonter aux auteurs du braquage avorté. L’un d’eux, Jalwin Okiemy, 20 ans au moment des faits, comparaissait hier au tribunal judiciaire de Reims. Déjà détenu pour une autre affaire, il s’est expliqué depuis sa prison, jurant n’avoir rien à voir avec cette histoire. Les empreintes sur la crosse du fusil sont pourtant les siennes. « J’ai pris l’arme, mais c’était pour les besoins d’un clip, qu’on a tourné avant. C’était bête, je le reconnais » , assure-t-il. Son acolyte, mineur à l’époque, qui n’était pas jugé à l’audience, l’a pourtant formellement identifié comme l’initiateur de cette expédition. Campant sur sa défense, Jalwin Okiemy n’en démord pas : « Je ne traînais pas avec lui, c’était mon ennemi. Pourquoi je lui aurais proposé d’aller braquer la station-essence du quartier ? »

Le tribunal n’a pas été convaincu. Le prévenu, au casier déjà bien chargé depuis dix ans maintenant, a été condamné à six mois supplémentaires de prison.

O.D.

 

 

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l’union 210406b
politique : Les bataillons de la prévention au menu de la ministre

Nadia Hai, ministre déléguée à la Ville, en visite récemment à Soissons, vient d’annoncer que Croix-Rouge avait été retenue dans le cadre des bataillons de la prévention.


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Nadia Hai, ministre déléguée à la Ville, a dévoilé la liste des 45 quartiers identifiés pour le déploiement des bataillons de la prévention, le quartier Croix-Rouge en fait partie. La ministre est attendue à Reims à ce sujet ce vendredi.

La ministre déléguée à la Ville, Nadia Hai, est annoncée ce vendredi à Reims. Et ce n’est pas totalement par hasard. Celle-ci vient de dévoiler la liste des 45 quartiers identifiés pour le déploiement des bataillons de la prévention, et le quartier Croix-Rouge en fait partie. Il en sera donc sans doute question lors de sa visite.

En attendant, c’est lors du dernier conseil municipal, le 29 mars, que le sujet a été abordé. Le maire de Reims, Arnaud Robinet, y a confirmé que Croix-Rouge devrait bénéficier de six éducateurs spécialisés et six médiateurs. Éric Quénard, élu d’opposition PS, est intervenu à ce sujet (lire par ailleurs) réclamant de la cohérence dans l’imbrication des politiques publiques. Pour lui, l’échelon le plus pertinent est l’échelon local.

Les jeunes font partie aussi des préoccupations dans un quartier où 50 % de la population a moins de trente ans

« Je vous rejoins , a déclaré le maire, concernant la multitude d’acteurs. » Arnaud Robinet a mis alors en avant le dispositif « Cités éducatives » dont Croix-Roue bénéficie. « Tous les acteurs sont mobilisés au sein de ce dispositif avec un volet notamment qui me tient à cœur concernant la monoparentalité, les femmes seules. On intervient directement au domicile. » Les jeunes font partie aussi des préoccupations des élus, assurent-ils, dans un quartier où 50 % de la population a moins de trente ans.

Ne pas se substituer à la justice et à la police

Pour autant a estimé Philippe Wattier, adjoint en charge de la politique de la ville, « la politique de la ville ne saurait se substituer à la justice et à la police. J’ai rencontré des associations qui m’ont dit que leur rôle n’est pas de s’attaquer à des jeunes violents qui par ailleurs leur font peur. » Dans ce quartier surpeuplé, où la nouvelle rénovation urbaine vise une dédensification, les rixes se développent, « comme partout en France ».

Les bataillons de la prévention, avec le recrutement de 300 éducateurs spécialisés en prévention et 300 médiateurs de proximité sur le plan national, est censé faire partie des réponses. 300 seront mobilisés avant le 14 juillet et les 300 restants avant la fin du mois d’octobre. Les 45 quartiers retenus sont répartis dans 28 départements, en Outre-mer comme en métropole. Ils ont été identifiés suivant plusieurs critères : l’ampleur du quartier (nombre d’habitants et poids des jeunes), le degré de décrochage des jeunes (décrochage scolaire, vis-à-vis de l’emploi, etc.), le niveau de difficultés socio-économiques des familles et les synergies possibles avec les dispositifs de la politique de la Ville.

Sur les deux jambes

« Nous ne pouvons lutter efficacement contre la recrudescence des violences entre jeunes que sur nos deux jambes : avec d’un côté la sanction et de l’autre la prévention. La prévention n’est définitivement pas une option mais notre meilleur filet de protection contre la délinquance juvénile. La mobilisation de 600 éducateurs de rue et médiateurs sociaux dans le cadre de bataillons de la prévention va nous permettre d’aller chercher les jeunes en difficulté et de les reconnecter à ce qui fonde notre société avec une idée simple : l’écoute de l’éducateur est tout aussi importante que la peur du gendarme », estime Nadia Hai .

Cette dernière a demandé aux préfets de confirmer le besoin et d’organiser, territoire par territoire, la concertation nécessaire au bon déploiement de la mesure. À l’issue de cette concertation qui doit s’achever le 23 avril, Nadia Hai engagera une phase de contractualisation avec les collectivités et structures porteuses.

Yann Le Blévec

Pour des États généraux des quartiers populaires

Éric Quénard, élu d’opposition PS au sein du conseil municipal, se félicite de l’arrivée des éducateurs et médiateurs. « Il faut bien entendu renforcer les moyens de la prévention car ils sont insuffisants sur le quartier Croix-Rouge. L’État fait un premier pas avec la création de ces 6 postes de médiateurs et ces 6 postes d’éducateurs spécialisés mais cela doit se faire en lien et en complémentarité avec ses partenaires locaux et s’inscrire dans une politique globale. Le Département, la Ville et le Grand Reims qui disposent de moyens d’action dans ce domaine vont-ils faire de même ? »

Pour le socialiste, si les autres collectivités renforcent dans le même temps leurs moyens dans le domaine de la prévention et de la médiation, « alors effectivement nous aurons le début d’une politique plus cohérente et complémentaire. Si au contraire, chacun se contente de cette décision de l’État sans renforcer ses proposes moyens d’action, alors ce ne sera pas suffisant. La politique de prévention et de sécurité n’est par ailleurs qu’un volet d’une réponse plus globale à apporter (éducation, emploi, insertion, lutte contre la pauvreté, accès à la culture et aux sports, etc.). »

C’est pourquoi Éric Quénard à l’organisation des États généraux des quartiers populaires de Reims avec l’ensemble des acteurs « pour définir une stratégie d’action globale de tous les acteurs publics, les associations et habitants mais aussi évaluer chaque année l’impact des différentes politiques publiques menées ».

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l’union 210406a
social : Des Albanais en détresse

Samedi 3 avril, le collectif Sövkipeu, qui intervient auprès des populations exilées, a alerté le préfet de la Marne sur la situation de deux familles albanaises « récemment arrivées à Reims, en tout 4 adultes et 13 enfants. Elles ne sont hébergées nulle part, comme de nombreuses autres personnes, malgré des appels fréquents et réguliers auprès du service d’hébergement d’urgence. » Les deux familles en question ont trouvé refuge dans le parc Saint-John-Perse, près de la gare Franchey-D’espèrey, à la lisière du quartier Croix-Rouge.

Sövkipeu s’émeut d’une situation qu’elle estime prioritaire : « Non seulement ces familles sont dépourvues de tout, mais elles comptent dans leurs rangs un bébé d’un an, et une des mamans est enceinte de sept mois (…) Ce serait ainsi un acte à la fois d’humanité et de citoyenneté de permettre à ces familles d’accéder à un hébergement d’urgence dans les plus brefs délais. »

O.D.

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l’union 210405a
Prison ferme pour un vol de collier à l’arraché

 

Le 1 er juillet 2019, une dame s’était fait arracher son collier en or à Croix-Rouge.

L’exploitation de traces ADN relevées sur son cou avait permis d’identifier un jeune du quartier que les policiers sont allés chercher le mois dernier à la maison d’arrêt (L’union du 28 mars) . Depuis cet hiver, Osman Merdji, 21 ans, est en effet incarcéré dans le cadre d’un trafic de stupéfiants qui opérait place Georges-Braque.

Il a nié le vol du collier, tout en ne s’expliquant pas la présence de son ADN sur le cou de la victime.

Reconduit en cellule, le jeune homme a de nouveau été extrait la semaine dernière pour répondre de cette affaire mais aussi d’une détention de drogue en récidive constatée le 23 septembre 2020, toujours à Croix-Rouge.

Il est reparti en détention avec six mois de prison à purger.

 

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l’union 210404b
musique : Le rappeur rémois Yougz sort un clip très épicé

Yougz a confié la réalisation de son clip « Sacrée sauve » au vidéaste Alexis Kancel.
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Le rappeur Ugo Ricciuti, alias Yougz, vient de sortir le clip de « Sacrée sauce », son dernier titre. Il a été tourné rue de Tambour à Reims par le Rémois Alexis Kancel.

Yougz, de son vrai nom Ugo Ricciuti, a trois passions : le champagne, la musique et la cuisine. À 26 ans, ce natif de Reims, titulaire d’un BTS viticulture-œnologie, conjugue les trois.

Tout en travaillant dans la maison de champagne de ses parents à Avenay-Val-d’Or, Yougz se consacre au rap et au hip-hop depuis 2018. « C’est mon père, qui chante dans un groupe de blues rock, qui m’a donné le virus. Par chance, je suis depuis 2020 accompagné à Reims par la Cartonnerie. Car j’ai gagné l’an dernier le concours Derby Club. Cela me donnera notamment accès, après la crise sanitaire, aux studios de répétition. Je peux également m’appuyer sur toutes sortes d’aides et de conseils » , raconte-t-il.

Yougz, qui a des origines italiennes et américaines, n’a pas choisi son nom d’artiste par hasard. « Quand j’étais petit, ma marraine, qui vit en Virginie aux États-Unis, ne m’appellait pas Ugo mais Yougo , se souvient-il. C’est resté. J’ai juste changé le o en z ! »

S’il compose tous les textes de ses chansons, il se fait aider pour les musiques par Sabbej Prod.

« Je m’inspire beaucoup de mon quotidien et de mes amis. En ce moment, je livre beaucoup ce que je ressens. En fait, je raconte ma vie dans mes chansons ! » , dit-il en riant.

Parmi les thèmes de prédilection de Yougz, se trouve la cuisine. Car le chanteur, qui se voit « à l’opposé du cliché du rappeur agressif » , adore être aux fourneaux et partager des repas entre copains.

Pour Sacrée sauce, son dernier titre, il s’est amusé à « mixer la musique et la cuisine » .

Le morceau, comme les précédents, a été enregistré, au studio de La Mine, à Croix-Rouge, avec l’ingénieur du son Sans-Tord. Pour le clip, que l’on peut voir sur YouTube, il a fait appel au réalisateur Alexis Kancel, avec lequel il a l’habitude de travailler.

Le tournage a eu lieu mi-février rue de Tambour, dans la petite salle du restaurant Sacré Burger, que Yougz considère comme le « lieu culte à Reims du burger » .

Valérie Coulet

Mon objectif est que l’œil ne s’ennuie jamais

Sacrée sauce n’est pas le premier clip réalisé par Alexis Kancel. Le vidéaste rémois a déjà mené plusieurs projets avec des artistes de la région. En 2019, il a par exemple signé un clip pour le groupe de rap Créance de Son. Le tournage avait eu lieu à Reims, au carrousel de la rue Condorcet. « Mon objectif est que l’œil ne s’ennuie jamais. J’essaie aussi de faire en sorte que celui qui regarde le clip soit à la fois surpris, ému et interpellé , avait à l’époque expliqué le vidéaste. Pour ce clip, j’ai également fait attention à créer une bulle pour chaque membre du groupe. L’important est d’illustrer et de sublimer leur travail. »

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l’union 210404a
Fumée sans feu sur un balcon

Vendredi vers 15 h 30, les pompiers ont été appelés pour un dégagement de fumée dans un immeuble de l’avenue Léon-Blum, au quartier Croix-Rouge.

Il s’agissait d’une résine désodorisante allumée par une personne sur son balcon.

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l’union 210402b
politique : Changer le visage du quartier Croix-Rouge sans perdre la face

Croix-Rouge, 25 000 habitants, des défis, du deal, et de la dédensification en cours. O.D.
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Chaque semaine, Philippe Wattier, adjoint au maire, se rend dans un quartier. De Croix-Rouge, ville dans la ville, il dresse un diagnostic en clair-obscur. Avec la volonté d’opérer la mutation urbanistique malgré un contexte rendu pesant avec l’insécurité.

Des poussettes et des grappes de jeunes, des façades délabrées et de nouveaux immeubles aux lignes modernes. Croix-Rouge est de tous les quartiers rémois « le plus complexe avec ses 25 000 habitants et ses 50 nationalités » , brosse Philippe Wattier, adjoint chargé de la politique de la ville. L’élu n’est pas en campagne, mais il a pris l’habitude d’arpenter les quartiers sensibles toutes les semaines. Prendre le pouls. Tailler le bout de gras. Ce mercredi, sa balade commence depuis la maison de quartier, à deux pas du centre commercial de l’Hippodrome.

En face, deux mastodontes représentant 256 logements, du 31 au 45 rue Pierre-Taittinger vont être démolis. Une opération, parmi d’autres, inscrite dans le cadre du Nouveau plan de renouvellement urbain (NPRU). La Ville veut dédensifier. « Se réapproprier l’espace public » , condense l’adjoint au maire. Une formule simple qui cache des défis immenses.

Le bâti change, les gens aussi

Le pâté d’immeubles est en pleine mutation. Pour désenclaver la rue de Rilly-la-Montagne, située à l’arrière, une nouvelle voirie va être créée. Tout compris, en y ajoutant les réhabilitations et les destructions, la facture pèse lourd : 31 millions d’euros. En matière de renouvellement urbain, les chiffres donnent le tournis. Ce qui était moderne dans les années 70 a souvent mal vieilli. Ces bancs en béton courbé en sont le symbole. Le bâti change. Les gens aussi. « Il y a eu une paupérisation d’une partie de la population » , confie le directeur de la politique de la ville, qui accompagne Philippe Wattier.

La refonte d’un quartier est un puzzle, qui prend en compte « une dimension psychosociale » , glisse l’élu. Sa méthode est pragmatique : « Observer les usages pour mieux aménager . » Le temps entre la décision et la réalisation est souvent celui d’un mandat, ou presque. La déambulation continue. Un homme tire sur sa cigarette, accroupi devant l’entrée d’un immeuble. Un autre, plus jeune, peine à expliquer ce qu’il fait dans un hall désaffecté. Tchétchènes, tous les deux. « Le risque, ce sont les squats » . Les considérations urbanistiques doivent enjamber les problèmes d’insécurité.

C’est qui le maire ici ?

Esplanade Eisenhower, de l’autre côté de la ligne de tram, deux vigiles montent la garde. « C’était chaud ces derniers jours, aujourd’hui, ça va mieux » , confie l’un d’eux. Le deal est l’une des plaies du quartier. « On les gêne, et les caméras aussi. Du coup, le trafic s’est déplacé. » Pas loin, allée Pierre-Lemaître. À Croix-Rouge, l’ambiance peut changer d’une rue à l’autre. D’une heure à l’autre également. Sur le parking du centre commercial, des jeunes ont entamé un barbecue. La scène surprend, mais aucun arrêté ne les en empêche. Philippe Wattier les aborde. « C’est qui le maire ici ? » , demande l’un d’eux. « C’est Arnaud Robinet » , répond un autre, en piquant une saucisse. L’adjoint discute deux minutes. Le ton est calme. « Pourquoi personne ne vient nous parler ? » , l’interroge un jeune.

Deux mondes vivent en parallèle. Philippe Wattier le sait de longue date : « Il est important de ne pas perdre la face. Ne pas couper le lien. Ils ont besoin d’un local. D’avoir une structure. » Comme ce tiers lieu dont il rêve pour Croix-Rouge. « On n’a pas à prévoir l’avenir, mais à le permettre » , aime-t-il à répéter. Dans l’immédiat, il faut composer avec un inévitable délitement social. « L’un des soucis, ce sont les personnes isolées. De plus en plus, les gens vivent à côté les uns des autres, sans se parler » , observe-t-il. Alors, il faut ouvrir les horizons, au propre comme au figuré. Rue du Docteur-Billard, près de l’école, un terrain de jeux a été refait par la mairie il y a deux ans. Autrefois vandalisé, il est aujourd’hui impeccable. Coût : 130 000 euros. Philippe Wattier

Le défi d’un autre toit

Reloger les gens est l’un des aspects essentiels des opérations de renouvellement urbain. Certains vivent au même endroit depuis 30 ou 40 ans, « et ils ont souvent eux-mêmes transformé leur appartement », note Philippe Wattier. L’aspect affectif n’est pas neutre. Tous ne veulent pas quitter leur quartier, pour diverses raisons, même si le renouvellement urbain s’accompagne d’une doctrine de relogement dans des secteurs hors QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville). Trouver un autre toit est une démarche longue. Dix-huit mois en moyenne.

Olivier Durand

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l’union 210402a
faits divers : Deux Rémois arrêtés après des agressions dans le RER

Les deux adolescents ont rejoint un groupe qui frappait et dépouillait des passagers du RER dans le Val-d’Oise. Illustration
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Les agressions ont eu lieu cet hiver, alors que les deux mineurs domiciliés à Croix-Rouge étaient partis rejoindre des connaissances en région parisienne.

Ils habitent le quartier Croix-Rouge mais gardent des attaches en région parisienne où leurs fréquentations ne sont pas des plus recommandables. Âgés de 17 ans, deux adolescents ont été mis en examen par un juge des enfants de Reims dans le cadre d’une série de vols avec violence commis à bord du RER.

La procédure initialement traitée par le parquet de Pontoise, dans le Val-d’Oise, a déjà abouti à la mise en examen de deux autres mineurs. Les investigations complémentaires ont permis d’identifier les deux jeunes gens de Reims, impliqués dans deux vols commis en janvier et février près de Pontoise.

Le mode opératoire est malheureusement bien connu dans les trains de banlieue parisienne : plusieurs individus s’en prennent à un passager isolé, qu’ils frappent pour le dépouiller de ses affaires.

Au nombre de quatre, les agresseurs ont volé le smartphone et la tablette iPad de la première victime, le portable, l’iPad et la doudoune de la seconde. L’un des passagers attaqués était un pompier en repos (sa qualité n’était pas connue des auteurs).

Le tribunal judiciaire de Reims a récupéré le dossier en raison de la domiciliation des deux mineurs. Le premier a été interpellé en prison : il était déjà incarcéré pour des vols avec violence commis en région parisienne, antérieurs aux nouveaux faits qui lui sont reprochés et pour lesquels il s’est vu notifier un contrôle judiciaire qui prendra effet lorsqu’il sortira de détention dans l’autre affaire. Lui aussi présenté au juge des enfants, le deuxième adolescent a été placé dans un centre éducatif fermé.

D’après leurs avocats, les deux garçons n’étaient pas les meneurs de la bande : ils auraient eu le tort de suivre leurs copains au moment des vols avec violence.

Fabrice Curlier

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l’union 210401a
Les premiers sites qui vont être transformés

Une première liste de sites transformés d’ici la fin du mandat a été communiquée. À Orgeval, 5 sites vont être végétalisés : les squares Nicolas-Henriot, Léopold-Charpentier et Paul-Vieille, ainsi que l’ancien terrain de motocross et tout le secteur Poinaré. Au châtillons : le mail piétonnier et la place des Argonautes. À Europe : le parc Jean-Moulin.

À Croix-Rouge : le parc des Landais, la restructuration des promenades de Maison-Blanche et la mise en place d’un projet d’agriculture urbaine porté par un bailleur, intitulé « quartiers fertiles ».

À Murigny : la restructuration en cours de la place René-Clair. À Jean-Jaurès : le parvis Saint-André. Au Faubourg de Laon : la place Luton.

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l’union 210330c
Quartiers sensibles : les élus municipaux face à l’interminable casse-tête

L’avenue Bonaparte, artère névralgique de Croix-Rouge, est l’un des « points chauds » de la ville. Archives O.D.
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Opposition socialiste et majorité se sont retrouvées sur la nécessité d’agir pour une meilleure cohérence dans l’action publique en direction des secteurs difficiles de la ville. Avec un challenge corsé : parvenir à juguler la violence tout en proposant des solutions aux jeunes.

C’est un débat d’une triste actualité qui a animé, hier soir, le conseil municipal. À travers le vote de subventions à l’association des maisons de quartier, les élus ont évoqué la politique à conduire dans les secteurs dits sensibles. Avec, en toile de fond, la brutale agression dont a été victime notre photographe Christian Lantenois, le 27 février dernier, à Croix-du-Sud.

Dans une intervention où il a jonglé entre les chiffres et les observations plus personnelles, l’adjoint Philippe Wattier, chargé de la politique de la ville, n’a pas caché la poussière sous le tapis. « Il nous faut admettre que la société ne va pas bien » , a-t-il glissé, ciblant le phénomène croissant des bandes rivales, qui n’est cependant « pas propre à Reims » .

Toutes les grandes villes y sont confrontées. Remontant un instant le fil de l’histoire (la grande), Xavier Albertini, adjoint chargé de la sécurité, a rappelé que l’existence de ces bandes et leur caractère tribal n’avaient rien de neuf, renvoyant à la lecture de Roméo et Juliette de Shakespeare ou à sa déclinaison cinématographique moderne, West Side Story. « C’est quand ces bandes deviennent des gangs, pour lesquels tout le monde est un ennemi, notamment la police ou les journalistes, que ça devient grave » , a souligné M. Albertini.

En dépit de flambées de violences régulières, la majorité municipale assure qu’elle ne reste pas les bras ballants. Différents dispositifs ont été évoqués, en particulier « Cités éducatives », qui accompagne les jeunes du plus jeune âge jusqu’à leur insertion. Dans des quartiers souvent très jeunes, où les 15-29 ans sont nombreux à battre le pavé, « il faut apprendre à se projeter » , a incité la première adjointe Véronique Marchet. Et différencier ce qui est du ressort de l’action publique et celui des forces de l’ordre. « La politique de la ville n’a pas vocation à se substituer à la police et à la justice » , a insisté Philippe Wattier. Reste à trouver une cohérence et une lisibilité, alors que la Ville, la communauté urbaine, le Département, la Région et, bien sûr, l’État œuvrent, plus ou moins de concert, sur cette thématique brûlante. Le conseiller municipal socialiste Éric Quénard l’a souligné d’emblée, en mettant le sujet sur la table : « Cette pluralité des acteurs est à la fois une force mais il faut reconnaître qu’elle est aussi parfois une faiblesse. C’est une richesse et une force quand les politiques publiques s’imbriquent les unes aux autres avec cohérence. Il y a là un vrai effet de levier au bénéfice des habitants et des associations. Mais il faut aussi reconnaître que c’est aussi une faiblesse quand chaque acteur conduit sa politique sans la moindre cohérence, sans le moindre dialogue avec celle déployée par le voisin. »

Un propos partagé par le maire Arnaud Robinet et l’ensemble de son camp. Dans une discussion où la gravité du sujet a tu toute polémique, Philippe Wattier a résumé le sentiment ambiant, balayant les « y’a qu’à, faut qu’on » , remisant au placard les « dogmatismes idéologiques » , et invitant les responsables associatifs « à travailler ensemble » . Ce qui – chacun l’a reconnu – n’est pas toujours le cas, ici comme ailleurs.

Éclaircie sur le front : six éducateurs spécialisés et six médiateurs devraient arriver à Reims. Un coup de pouce de l’État pour renforcer un dialogue souvent fragile dans les quartiers, alors même qu’Éric Quénard estime « que la réponse ne saurait être exclusivement sécuritaire. »

Olivier Durand

LA PREMIère des libertÉs…

Arnaud Robinet, qui n’avait pas mâché ses mots dans une conférence de presse récente, a profité du débat, hier soir, pour pointer du doigt l’un des problèmes, « la politique de peuplement ». Allusion au relogement de populations franciliennes par des bailleurs sociaux rémois, alors même que la Ville tente d’assainir ces quartiers et de les dédensifier à travers le nouveau plan de renouvellement urbain (pas moins de 370 millions d’euros). Le maire l’a répété, en conclusion de la discussion : « La première des libertés, c’est la sécurité ».

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l’union 210330b
FAMILLE : Perturbations à craindre aujourd’hui dans les crèches de Reims et des environs

La crèche du Chemin-vert à Reims fera partie de celles qui accueilleront les enfants malgré l’appel à la grève. A.P.
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Un appel à la grève est lancé pour s’opposer aux nouvelles dispositions législatives encadrant le travail des professionnels de la petite enfance. Trois crèches de Reims et trois des alentours seront fermées ce mardi.

À Reims et dans les environs, certains parents s’arrachent une nouvelle fois les cheveux.

Comment vont-ils faire garder leur enfant ce mardi 30 mars ? « Nous avons été informés mercredi (24 mars) que la crèche Clairmarais était en grève mardi (30 mars) nous écrit ainsi Marc. On ne sait ni pourquoi, ni comment nous allons faire, puisque l’accueil ne sera pas possible. En cette période Covid, je trouve que nous laisser nous débrouiller avec nos bébés, n’est pas normal. »

POUR ALLER PLUS VITE

Cette grève s’inscrit dans le cadre d’un mouvement national de protestation contre les réformes envisagées sur l’accueil de la petite enfance, dites projet Taquet, réformes elles-mêmes permises par l’article 36 de la loi Asap, ou d’Accélération et de Simplification de l’Action Publique adoptée en octobre dernier. Cette loi un peu fourre-tout donne en effet au gouvernement la possibilité de légiférer par ordonnances (ce qui accélère le processus) dans plusieurs domaines, notamment les modes de garde de la petite enfance. Sont notamment prévues des possibilités de dérogations s’agissant du nombre d’enfants accueillis et de la qualification des adultes encadrants. Et c’est là que ça coince pour certains professionnels. La nouvelle loi autorisera par exemple à confier jusqu’à six enfants par adulte ; elle réduira également l’espace minimal exigé (à 5,5 mètres carrés par enfant dans les zones densément peuplées) ; le collectif Pas de bébés à la consigne, opposant à cette réforme, lui, souhaite que l’on reste à cinq enfants maxi par adulte, et que l’on puisse assurer partout 7 mètres carrés par enfant. Il réclame aussi divers reconnaissances officielles de diplômes et aménagements de statuts ; il appelle donc une nouvelle fois à la grève, conjointement avec des syndicats dont la CFDT (qui fait d’ailleurs partie du collectif).

TROIS CRÈCHES FERMÉES À REIMS

Une précédente journée de mobilisation, le 2 février, n’avait abouti à rien : le gouvernement avait alors estimé que les grévistes ne constituaient qu’une trop faible minorité. Dans notre secteur, ce mouvement se traduira notamment par la fermeture de trois crèches de la SPE (Structure Petite Enfance) : Subé (secteur Courlancy), Hautefeuille à Croix-Rouge, et les Sources aux Châtillons. « Dans les autres crèches de notre association, dit la directrice Antoinette Fin, l’accueil sera assuré, même si c’est de façon aléatoire. » Dans les communes environnantes, seront fermées Witry-lès-Reims, Boult-sur- Suippe et Warmeriville.

Perturbations à craindre aujourd’hui dans les crèches de Reims et des environs

Un appel à la grève est lancé pour s’opposer aux nouvelles dispositions législatives encadrant le travail des professionnels de la petite enfance. Trois crèches de Reims et trois des alentours seront fermées ce mardi.

Distribution de tracts devant les écoles

Le mouvement d’opposition à la réforme sur l’accueil de la petite enfance de ce mardi 30 mars se traduira dans le secteur rémois notamment par un rassemblement de personnels mardi matin devant la crèche de Boult-sur-Suippe, puis une distribution de tracts devant les écoles de Boult, Warmeriville et Witry-lès-Reims.

Un cas de Covid à Clairmarais

Un cas de Covid ayant été détecté chez un tout jeune enfant accueilli habituellement à la crèche de Clairmarais, celle-ci ne peut plus accueillir les 22 autres faisant partie du même service, conformément au protocole imposé par le ministère, mais sans lien avec le mouvement de grève de ce mardi 30 mars. Ces enfants ne pourront pas revenir avant mardi de la semaine prochaine, sous réserve d’avoir été testés négatifs.

Les faits

Le projet de loi Asap d’Accélération et de Simplification de l’Action Publique, adopté en octobre, comporte un article (numéro 36) qui permet au gouvernement de procéder par ordonnance à la simplification des normes d’accueil du jeune enfant.

Plusieurs réformes prévues dans ce cadre sont contestées par certains professionnels de la petite enfance.

Des syndicats et le collectif Pas de bébés à la consigne organisent une nouvelle action nationale de protestation ce mardi 30 mars, après celle du 2 février, avec grève et distribution de tracts, notamment à Boult-sur-Suippe, Warmeriville et Witry-lès-Reims. À Reims, les crèches Subé, Hautefeuille et les Sources seront fermées.

ANTOINE PARDESSUS

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Le début d’un long combat pour Christian Lantenois

Christian a été très violemment agressé dans l’exercice de son métier, le 27 février dernier, près de la médiathèque Croix-Rouge à Reims.
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Agressé il y a un mois, notre journaliste est toujours dans un état préoccupant. Sa famille, qui a ouvert une cagnotte en ligne, donne de ses nouvelles.

L’épouse de Christian Lantenois, Jocelyne, a publié ce lundi 29 mars un message sur le compte public Facebook de son époux, où elle s’exprime sur l’état de santé de son mari. Elle explique qu’ « après ces quatre semaines de combat pour rester en vie », Christian est sorti du coma, et de réanimation ce vendredi. « Dans un premier temps, un grand merci pour tous les gentils messages de soutien pour Christian et toutes les actions… Très beau pochoir d’Arno Kusek qu’il nous a gentiment offert, panneaux de la Ville de Reims, très bel hommage du Stade de Reims qui le raviront s’il peut les lire, voir et les comprendre un jour… Ce qui est loin d’être le cas actuellement… il est dans un autre monde… Pour mettre fin aux fausses infos, des nouvelles réelles que je n’ai pas données avant. Il y avait trop d’incertitude tant que son pronostic vital était engagé ! Après ces quatre semaines de combat pour rester en vie, l’extubation, la sortie du coma qui n’était pas qu’artificiel.

Vendredi soir, la sortie de réanimation. Une première grande victoire ! Maintenant commence, pour lui, un combat tout aussi difficile pour essayer de récupérer un minimum de semblant de vie normale…

“Il faut s’armer de patience”

Pour l’instant, les lésions neurologiques n’ont certes… pas évolué mais malheureusement, n’ont pas non plus diminué, ce qui est plus grave… ! Christian est dans un grand néant, ne comprend pas, est insensible à ce qui se passe autour de lui, nous fixe ou fixe la télévision sans comprendre ce qu’il regarde…

Il se souvient de son nom, de moi sa femme, mais a oublié tout le reste… ses enfants, petits-enfants compris. Ou, quand on le stimule, répète, oublie aussitôt, dit tout et son contraire, répond “pas plus que ça” si on lui demande s’il souffre, a froid ou autre. Il bouge la tête, les doigts, un peu les mains, mais pour l’instant, ça s’arrête là !

Actuellement, il faut continuer d’enrayer d’autres complications, pour ensuite passer à une rééducation longue et douloureuse. Nous verrons et espérons de tout cœur, arriver petit à petit à quelques progrès. Il faut, donc s’armer de patience, laisser du temps au temps, prendre au jour le jour ce que l’on nous donne, pour l’aider au mieux dans ce douloureux combat qu’il n’aurait jamais dû avoir à mener… Mais on ne choisit pas…

Si, et dès que, nous aurons la chance d’avoir de bonnes nouvelles, je les partagerai… Mais, Christian ne sera plus jamais comme avant…

J’en ai même oublié dans mon long descriptif de son état, une paralysie faciale droite due à la fracture du rocher de l’oreille ! »

les faits

Notre photojournaliste Christian Lantenois a été sauvagement agressé par une douzaine d’individus le 27 février alors qu’il couvrait des incidents dans le quartier Croix-Rouge.

À ce jour, deux suspects ont été mis en examen. L’un, âgé de 21 ans, poursuivi pour « tentative de meurtre » et placé en détention provisoire. L’autre, 21 ans également, pour « participation à un groupement en vue de préparer des actes de violences ou des dégradations ».

Douze autres individus sont recherchés.

Une cagnotte en ligne

Ce vendredi 26 mars, la famille de Christian a ouvert une cagnotte en ligne sur la plateforme Leetchi, afin de couvrir « les frais d’avocat et de justice ».


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