Revue de presse sur le quartier Croix-Rouge - articles - janvier 2021.



Quelques articles ne proviennent pas du journal « L’union » ; l’origine est alors indiquée par le lien en tête d’article.

Les notes de bas de page [ ] sont du rédacteur.

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l’union 210117a
Voiture et poubelle incendiées

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 3 h 45, une voiture a pris feu au quartier Croix-Rouge, rue Newton devant le n º 45. L’incendie, pour être d’origine indéterminée, n’en demeure pas moins suspect.

Vendredi vers 18 h 15, c’est un sac-poubelle qui a flambé au quartier Saint-Remi, rue Ambroise-Petit à l’arrêt de bus.

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l’union 210116a
Héroïne, cannabis et couteau

 

 

Lors d’un contrôle rue Pierre-Taittinger à Croix-Rouge, lundi après-midi, les policiers ont arrêté un jeune homme de 18 ans trouvé porteur d’un couteau et de quatre grammes d’herbe de cannabis.

Il fera l’objet d’une ordonnance pénale (amende à payer).

Même sanction pour un automobiliste interpellé par une patrouille alors qu’il roulait bien mal rue Cérès, au centre-ville. Lui détenait un petit pochon d’héroïne.

 

 

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l’union 210115a
justice tribunal correctionnel : Peines de prison ferme pour cinq dealers de la rue Newton, à Croix-Rouge

En juillet 2019, un clip vantait la « peufra » de la rue Newton, à Croix-Rouge. Capture d’écran
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Six individus ont été condamnés, hier, pour avoir participé à un trafic de cannabis dans le quartier, tout au long de l’année 2020. Cinq d’entre eux sont derrière les barreaux.

L’affaire avait fait du bruit, début décembre, dans le quartier de Croix-Rouge. Un coup de filet de la police avait conduit à l’interpellation d’une quinzaine d’individus, soupçonnés d’être partie prenante d’un trafic de stupéfiants, dont l’épicentre était situé dans le hall d’entrée du 43, rue Newton. Six d’entre eux comparaissaient ce jeudi au tribunal, âgés de 18 à 31 ans. Sur les faits reprochés, de vente et détention de cannabis, tous ont commencé par nier les accusations pesant sur eux.

Je n’ai jamais vendu un gramme

Bien qu’identifiés par des témoins à plusieurs reprises sur le point de deal, aucun d’entre eux n’a admis se livrer à des activités de revente de cannabis. « J’étais là parce que j’y ai grandi » , s’est borné à répondre Florian Piddiu. Ce jeune trentenaire, qui changeait de portable fréquemment, est décrit comme le meneur, suspecté d’aller s’approvisionner en région parisienne, mais aussi en Belgique et aux Pays-Bas. « Pour y voir de la famille » , a-t-il tenté de convaincre. Les arguments des uns et des autres sont à l’avenant. « J’ai dépanné des gens, mais je ne vends pas » , a assuré Clark Bombo, l’un des autres prévenus, consommateur assumé. « Je n’ai jamais vendu un gramme, je fume, je squatte le quartier, mais ne suis pas un trafiquant » , s’est présenté pour sa part Youcef Ramdane, le plus volubile du lot, 22 mentions au casier à 28 ans.

L’enquête, conduite sur plus d’une année avec des surveillances régulières, fait pourtant état de deals réguliers au « 43 », à raison de 80 clients en moyenne par jour. Un clip de rap, publié sur internet en juillet 2019, et totalisant plus de 100 000 vues, faisait même l’apologie de la « peufra » (argot de quartier désignant du cannabis de bonne qualité) qui se négociait à cette adresse. Selon les témoignages recueillis auprès des clients, dont un certain nombre a été auditionné, le kilo de cannabis se vendait autour de 2 600 euros. « Un trafic très bien organisé » , selon la présidente du tribunal. « Ils n’ont l’air de rien, mais ils ont fait régner la terreur dans le quartier » , a résumé Amandine Boyer, pour le ministère public. Caméras de la ville systématiquement cassées, recrutement de « nourrices » et déménagement du lieu de deal du 43 au 45, rue Newton, puis avenue Léon-Blum : tout était fait pour que le business ait lieu, « qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, et même pendant le confinement » , a formulé le parquet. Les différents avocats de la défense ont souligné que les preuves étaient minces, contestant plusieurs procès-verbaux. « La présence sur un lieu de deal ne fait pas un coupable » , a notamment plaidé Mathilde Martiny, tandis que plusieurs de ses confrères ont fait observer que d’autres individus, pourtant identifiés dans le dossier, n’ont pas été présentés à la barre.

Les cinq prévenus qui étaient en détention le sont restés à l’issue de l’audience qui aura duré plusieurs heures. Florian Piddiu a été condamné à 18 mois de prison ferme. Tous ses complices ont écopé, eux aussi, d’un quantum ferme : douze mois pour Adama Sow, neuf mois pour Youcef Ramdane, huit mois pour Zacharie-Ryad Hermi et six mois pour Clarck Bombo. Ils ont interdiction d’entrer en contact les uns avec les autres. Le plus jeune, âgé de 18 ans, a écopé de trois mois avec sursis. Il est ressorti libre.

Salle évacuée

Après une audience tendue au mois de décembre quand les prévenus ont comparu pour la première fois, le tribunal a pris cette précaution « pour que les débats se déroulent sereinement », selon les termes du procureur. Alors que des proches des prévenus étaient venus pour assister au procès, la salle a été évacuée, les débats se déroulant, selon la formule, « en publicité restreinte ». Une mesure qui entre aussi dans le cadre des mesures de précaution sanitaire en cette période d’épidémie.

OLIVIER DURAND

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l’union 210113b
Les véhicules s’échauffent

Lundi vers 20 heures, une camionnette a pris feu sur l’A34, à la sortie de Reims en direction de Rethel. L’incendie serait accidentel.

Il en va différemment d’une voiture qui a flambé hier matin à 3 h 30 avenue Léon-Blum, au quartier Croix-Rouge. Le véhicule n’a pu être identifié.

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l’union 210113a
Justice tribunal correctionnel : Les dealers présumés de Croix-Rouge jugés jeudi

Les six prévenus sont suspectés d’avoir participé à un trafic établi au 43 rue Newton. Illustration
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Hier après-midi, six prévenus soupçonnés d’être partie prenante d’un trafic de stupéfiants dans le quartier Croix-Rouge ont été présentés au tribunal où ils devaient être jugés à la suite du renvoi de l’affaire en comparution immédiate, le 4 décembre (L’union du 5 décembre). Mais l’absence du président, indisponible pour raison personnelle, a conduit à un report de l’audience, qui se tiendra ce jeudi à 14 heures.

Pour rappel, les prévenus – âgés de 18 à 31 ans – comparaissent pour des faits de détention et cession de cannabis dans le cadre d’un trafic établi dans l’immeuble du 43, rue Newton, entre juin et décembre de l’année dernière. Cinq d’entre eux sont en détention provisoire, le dernier est placé sous contrôle judiciaire. Tous avaient été interpellés à la suite d’un vaste coup de filet de la police, début décembre, déclenché au terme d’une enquête initiée en octobre 2019 par la sûreté départementale de Reims.

 

 

 

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l’union 210110a
Parc Saint John Perse

Ce vaste îlot vert en plein cœur du quartier Croix-Rouge, au sud de Reims, va retrouver une nouvelle jeunesse.

Jusqu’à février, près de 1 200m² d’allées vont voir leur revêtement et leurs bordures rénovées pour une meilleure accessibilité des usagers.

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l’union 210109d
Coronavirus Santé : Huit centres de vaccination potentiels

La Ville a identifié huit sites potentiels pouvant être transformés en centres de vaccination.


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Près de 5000 doses de vaccin anti-Covid sont arrivées, mardi soir, au CHU de Reims. Archive

Nous avons souhaité anticiper. On doit vraiment pouvoir travailler main dans la main avec l’État » . Arnaud Robinet, le maire de Reims a convoqué les services en début de semaine afin d’identifier les divers sites potentiels susceptibles de devenir centre de vaccination.

« Il y a plusieurs critères qui ont été pris en compte : il fallait un espace spacieux, un stationnement important à proximité… On a regardé aussi l’accessibilité du site aux personnes à mobilité réduite… » , énumère l’élu. « On s’est appuyé sur le dispositif que nous avions mis en place lors de la distribution des masques, il y a quelques mois. » Huit sites ont ainsi été présélectionnés. Il s’agit du centre de vaccination communal, du gymnase Gallieni, du gymnase Prieur de la Marne, du gymnase de l’Europe, du gymnase Géo-André, du complexe René-Tys et du gymnase Courcelles.

Une liste qui a ensuite été transmise à l’Agence régionale de santé et aux services de la préfecture. « Mais on sait très bien que tous ne seront pas retenus puisque le gouvernement table sur 1 centre pour 100 000 habitants environ » , continue Arnaud Robinet.

Être opérationnel le plus tôt possible

La municipalité poursuit néanmoins la réflexion afin d’identifier d’autres sites potentiels sur les secteurs des Châtillons, Murigny et du centre-ville. « On mène d’ailleurs une réflexion avec Reims events : le centre des congrès pourrait peut-être constituer un site idéal. »

Arnaud Robinet espère surtout connaître les sites retenus très rapidement. « Vraiment, il nous faut pouvoir anticiper afin que tout soit opérationnel, une fois que l’État aura donné son feu vert pour une vaccination massive de la population pour que l’on ne se retrouve pas le bec dans l’eau. » Dès les sites validés, il reste encore, « une fois le cahier des charges précis connu, à travailler sur la logistique, l’équipement des sites, la mise à disposition de personnel pour gérer l’administratif. » Arnaud Robinet ajoute : « Le moment venu, je me ferais vacciner et j’invite les Rémois à faire de même. La vaccination de masse reste la seule façon d’endiguer l’épidémie. »

Aurélie Beaussart

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l’union 210109c
Le masque n’est pas obligatoire partout

 

 

Deux jeunes ont été verbalisés fin décembre Croix-du-Sud parce qu’ils ne portaient pas de masque.

Vérification faite cependant, le port du masque n’est pas obligatoire partout dans la ville de Reims.

Ces Rémois ont donc malheureusement été verbalisés à tort.

 

 

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l’union 210109b
faits divers : Sans la police, elle aurait accouché seule dans la rue

La police a repéré la maman alors qu’elle tentait de rejoindre à pied l’hôpital, seule, en pleine nuit.
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Les faits remontent à la nuit du 3 au 4 janvier. Vers 0 h 30, alors que le couvre-feu a vidé les rues de Reims, un équipage police-secours du commissariat central remarque une jeune femme qui marche difficilement avenue du Maréchal-Juin, aux abords du quartier Croix-Rouge. Elle titube, semble être en grande détresse. S’approchant d’elle, les trois policiers constatent qu’elle est en pleurs, et enceinte.

Âgée de 21 ans, la demoiselle leur explique qu’elle est seule, qu’elle a perdu les eaux, qu’elle ne connaît personne susceptible de l’aider et qu’elle tente de rejoindre par elle-même la maternité du CHU encore distante de plusieurs centaines de mètres.

La voiture de police transformée en ambulance

Les contractions ont déjà commencé. Elles se rapprochent même de plus en plus. Devant l’imminence de l’accouchement, les policiers décident d’assurer eux-mêmes le transport. Ils allongent la jeune femme sur la banquette arrière de leur véhicule, puis filent à l’hôpital.

« J’étais devant la maternité suite à la naissance de mon enfant quand j’ai vu une voiture de police arrivée avec gyrophare et pin-pon. Et là, surprise, une femme était en train d’accoucher dans la voiture » , relate un témoin. « J’ai trouvé la scène cocasse et émouvante par les temps qui courent. La police n’est pas là que pour mettre des amendes, mais aussi pour sauver et aider les gens. Bravo à ces trois policiers ! »

Bébé n’était pas encore né quand ils ont confié la patiente à l’équipe de garde. Ils sont repartis à leurs missions de la nuit, sans connaître la suite. Contacté, le CHU de Reims n’a pas fait savoir si la maman avait accouché d’un petit garçon ou d’une petite fille.

 

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l’union 210109a
environnement : Croix-Rouge et l’hôpital vont se chauffer plus vert

Depuis sa mise en service en 1970, la chaufferie de la voie du Rouillat a déjà abandonné le fioul. Et aujourd’hui, elle se prépare à abandonner le charbon. Archive
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La chaufferie abandonne le charbon et va s’adapter pour brûler du bois peint, jusque-là délaissé.

L ’année prochaine si tout va bien, le CHU rémois se chauffera « plus vert ». Comprendre : avec moins de gaz à effet de serre, et des circuits d’approvisionnement plus courts. Il ne sera pas seul dans ce cas, la fac de lettres aussi ; de même que Néoma ; et que le Creps.

Et des milliers d’habitants du quartier Croix-Rouge et de Murigny. Autrement dit, tous ceux qui, pour leur chauffage, sont actuellement desservis par la chaufferie de la voie du Rouillat (ou avenue d’Épernay). Cette chaufferie en effet, va vivre une nouvelle évolution.

Du bois à la place du charbon

Depuis sa mise en service en 1970, elle a déjà abandonné le fioul. Et aujourd’hui, elle se prépare à abandonner le charbon. Quand on sait que celui-ci finissait par arriver d’Afrique du sud, on se dit que ce n’est pas plus mal sous l’angle de la longueur des circuits d’acheminement ! Et par quoi le charbon doit-il être remplacé ? Par du bois. Mais pas n’importe lequel : « Il existe en effet, en matière énergétique, deux catégories de bois, explique en substance Anne Desveronnières, vice-présidente du Grand Reims chargée de l’environnement, le bois A, qui est le bois noble, brut, non peint, et le bois B, qui lui au contraire porte colle ou peinture ou autre adultérant ; aujourd’hui, la chaufferie brûle déjà le bois A, mais pas le B, non recyclable, voué à l’enfouissement loin d’ici, par exemple en Grande-Bretagne. » Eh bien les choses vont changer avec le nouvel équipement qui doit être installé sur le site au cours du premier semestre de cette nouvelle année, et qui va permettre d’utiliser le bois B comme combustible.

12 000 véhicules en moins

C’est ce changement de source d’énergie qui présente le double avantage écologique d’un raccourcissement des circuits d’approvisionnement comme on l’a déjà évoqué et d’une amélioration de la qualité de l’air. « Avec ce projet bois B, assure en effet Bruno Carmona, responsable du site de la chaufferie sous la bannière d’Engie, le délégataire de service public pour le compte du Grand Reims, on évitera le rejet dans l’atmosphère de 17 600 tonnes de CO 2 par an, soit l’équivalent de 12 000 véhicules en circulation. C’est presque la voiture d’un Rémois sur dix ! » « Et on divisera par cinq l’émission de poussières » ajoute Mme Desverronières. Les écologistes devraient apprécier.

Vers la fin du gaz aussi

Rappelons pour finir que ce bois B s’ajoutera à la panoplie des sources de chaleur actuellement utilisées par la chaufferie, qui compte le bois A déjà cité à hauteur de 20 %, la chaleur produite par l’incinérateur de déchets de la zone Farman (qui représente 40 %), et le gaz, ce dernier étant appelé lui aussi à disparaître de la liste en tant qu’énergie fossile : à terme, le CHU et ses co-abonnés seront entièrement chauffés au renouvelable.

L’ESSENTIEL

Jusqu’à présent le bois dit de catégorie B (traité, portant colle ou peinture) ne pouvait pas être utilisé par la chaufferie de Croix-Rouge.

La chaufferie va s’adapter pour pouvoir utiliser ce bois B pour sa production de chaleur ; des travaux dans ce sens doivent débuter au cours du premier semestre.

Ce bois est appelé à se substituer au charbon, dans un double souci environnemental de réduction des gaz à effet de serre et de raccourcissement des circuits d’approvisionnement.

Vers une extension de la desserte

La chaufferie Croix-Rouge, incontournable point de repère sur l’avenue de Champagne avec sa haute cheminée rouge et blanche, dessert aujourd’hui l’équivalent de 17 000 logements. En plus de grands équipements comme le CHU, Néoma, la fac de lettres ou le Creps, les logements individuels proprement dits sont situés pour une large majorité sur le quartier Croix-Rouge, et pour le reste sur Murigny. Elle est la seule sur le territoire du Grand Reims à assurer ce type de service. « Il est prévu une extension à d’autres quartiers, confie la vice-présidente du Grand Reims Anne Desveronnières, les négociations sont en cours ; un des freins qui restent à lever est l’ampleur des travaux de voirie que cela suppose. » On peut aussi préciser que les clients de cette chaufferie bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 % (au lieu de 20) du fait que l’équipement utilise déjà au moins 50 % d’énergie renouvelable (incinération des déchets, bois noble A).

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l’union 210107a
Nouveaux horaires des bibliothèques

Elles ont rouvert au public le 16 décembre dernier (avec des modalités adaptées au protocole sanitaire) mais suite à la mise en place du couvre-feu à Reims, les médiathèques Jean-Falala, Croix-Rouge, Laon-Zola et la bibliothèque Carnegie modifient leurs horaires d’ouverture. Celles-ci fermeront leurs portes à 17 h 30 à compter de ce mardi 5 janvier.

Les autres bibliothèques (Holden, Saint-Remi et Chemin-Vert) continuent d’accueillir les usagers en bibliodrive de 14 à 17 heures.

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l’union 210106a
Les voitures brûlent

Deux véhicules ont été incendiés dans le Grand Reims dimanche soir. Les feux se sont déclarés, à Saint-Brice-Courcelles et à Reims, à dix minutes d’intervalle.

Le premier incendie s’est déclaré à 19 h 27, dimanche soir, rue de la Victoire à Saint-Brice-Courcelles. Il s’agissait d’une camionnette. Dix minutes plus tard, à 19 h 38, c’est une Peugeot 308 qui s’est embrasée allée des Tourangeaux, dans le quartier Croix-Rouge. Le feu s’est propagé cette fois à deux véhicules adjacents, engendrant sur eux des dégradations. La police, ne disposant pas d’informations quant à l’éventuelle origine électrique des feux, avance une piste criminelle dans les deux cas.

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l’union 210105a
Les jeunes de Croix-du-Sud n’étaient pas en tort

On se souvient que le 30 décembre, la police avait mené une ample démonstration de force dans le quartier Croix-du-sud de Reims, histoire de faire comprendre que l’on ne devait pas plaisanter avec le couvre-feu, et de tenter de prévenir les éventuels fâcheux débordements de la Saint-Sylvestre. Deux jeunes surpris à se balader après l’heure officielle d’interdiction avaient aussi écopé d’une amende pour non-respect du port du masque. Eh bien finalement ils n’étaient pas en tort par rapport à ce dernier point, Croix-du-sud ne faisant pas partie du périmètre où le masque est rendu obligatoire à Reims par l’arrêté du 1 er décembre.

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l’union 210104a
Rétrospective : En 2020, les bandes ne sont pas restées l’arme au pied

Dans la nuit du 16 au 17 août, la place Maurice-Utrillo s’embrasait à Croix-Rouge, vingt minutes après des tirs de mortiers visant la police au quartier Wilson.
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Treize voitures ont été incendiées et onze autres vandalisées à coups de bâtons et barres de fer, pour attirer les policiers dans un guet-apens. Remi Wafflart
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Le 29 janvier, dans cet immeuble des Épinettes, un homme encagoulé surgissait chez une mère de famille pour tirer au fusil sur un ami, à côté d’une chambre où se trouvaient quatre enfants. F.C.
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Le 6 février, des affrontements entre bandes ont semé l’émoi rue de Vesle et place du Théâtre. F.C.
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Dans la nuit du 19 au 20 août, un homme coursé aux Châtillons a perdu l’usage de ses jambes après avoir reçu deux balles dans le dos. Photo Guillaume Lévy
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Après des années 2018 et 2019 déjà marquées par des violences impliquant des bandes, 2020 a suivi la même tendance. Aucun mort n’a été déploré, mais une victime est devenue paraplégique.

1 Tirs de mortiers contre la police…

Dans la nuit du 16 au 17 août, des violences urbaines sans précédent à Reims, aussi brèves qu’atypiques, éclatent dans deux quartiers à vingt minutes d’intervalle. La police et les pompiers sont d’abord informés d’un feu de poubelle à Wilson, vers 0 h 05. À leur arrivée, les équipages du commissariat subissent des tirs tendus de mortiers qui les obligent à se replier. Un véhicule est dégradé, aucun blessé n’est déploré.

Vingt minutes plus tard, une multitude d’appels affolés proviennent de la place Maurice-Utrillo à Croix-Rouge : de leurs fenêtres, les riverains assistent à la mise à sac du parking par de jeunes hommes encagoulés. Treize voitures sont incendiées, onze autres vandalisées à coups de bâtons et de barres de fer. Attendus par des individus embusqués rue Raoul-Dufy, les policiers sont visés par des tirs de mortiers. Ils doivent reculer avec les pompiers, le temps de sécuriser le secteur. Tous les assaillants parviennent à s’enfuir.

2 … et tectonique des plaques entre quartiers

Deux mois plus tard, deux adolescents de 16 et 17 ans sont mis en examen pour les faits de Croix-Rouge, sans explication sur l’origine des violences (l’un nie toute participation, le second prétend n’avoir fait que « suivre la foule » ). Une hypothèse transparaît cependant du dossier : celle d’une démonstration de force menée – ou commanditée – par des trafiquants de drogue des deux quartiers, en représailles après l’arrestation d’un supposé lieutenant deux jours plus tôt à Wilson, quartier pourtant réputé en guerre avec Croix-Rouge.

Cependant, comme l’explique un observateur, les nombreux règlements de comptes enquêtés ces dernières années ont permis de mettre en lumière une recomposition des alliances, un « mouvement de plaques tectoniques » .

Croix-Rouge est composé de trois sous-quartiers, ou trois « plaques » pour reprendre la métaphore géologique : Eisenhower, Pays-de-France et celle de Croix-du-Sud, laquelle se serait détachée de Croix-Rouge pour se souder avec « la plaque Wilson » dans le trafic de stups. Or, la place Utrillo, épicentre des violences urbaines survenues dans la foulée des tirs de mortiers à Wilson, fait partie de Croix-du-Sud ; contrairement à l’avenue Bonaparte par exemple, située aux Pays-de-France, théâtre ces dernières années de certains règlements de comptes opposant les délinquants locaux à ceux de Wilson.

Le 4 décembre, il y avait du monde au tribunal pour assister au procès finalement renvoyé de sept jeunes gens impliqués dans un trafic de drogue établi rue Newton, à Croix-du-Sud. Il n’a pas échappé aux initiés que dans la salle, assis avec les amis des prévenus, se voyaient des visages originaires du quartier Wilson.

3 Coup de feu devant un enfant de 6 ans

Le 15 août à 3 heures du matin, un homme de 35 ans regarde la télévision en présence d’un enfant de 6 ans, chez son amie à Cormontreuil, lorsqu’un individu ouvre la porte et tire un coup de fusil. Volonté de tuer ou d’intimider ? Le tir touche le téléviseur, assez loin de la victime. L’agresseur repart à bord d’une voiture où semblent l’attendre « trois ou quatre » personnes.

Dès son audition, le concubin désigne le tireur comme étant un individu de 26 ans domicilié au quartier Wilson. Il reste vague sur la nature du contentieux, mais un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants – en l’occurrence une dette qui tarde à être remboursée – est l’hypothèse privilégiée par les enquêteurs. Interpellé l’après-midi même à Wilson, puis mis en examen et écroué pour « tentative de meurtre » , le suspect conteste toute implication dans cette affaire.

Le plaignant a-t-il subi des pressions ? Depuis, il est revenu sur ses déclarations en mettant hors de cause la personne mise en examen.

4 Coup de feu chez une mère de famille

Le 29 janvier vers 18 heures, une mère de famille fait le ménage dans son appartement, au premier étage d’un immeuble de la place des Mouettes aux Épinettes, lorsqu’un homme encagoulé surgit et ouvre le feu sur un ami dans le couloir, entre le salon et une chambre. La victime est grièvement blessée à une jambe. Dans la chambre se trouvent les trois enfants de la locataire avec une copine. Ils n’ont pas vu le tireur « mais ensuite, ils ont été très choqués de voir les traces de sang ; il y en avait beaucoup » , s’était ému le père de la locataire.

Onze mois après, l’enquête ouverte pour « tentative d’assassinat » n’a toujours pas permis d’identifier le tireur et d’éventuelle(s) complicité(s) qui l’auraient attendu à l’extérieur. L’agresseur en voulait-il à la victime ou bien l’a-t-il ciblée par hasard, mauvais moment mauvais endroit ? Et pourquoi ?

Il y avait beaucoup de passage dans l’appartement, fréquenté par de nombreuses personnes qui semblaient profiter de la vulnérabilité de la locataire pour s’y imposer plus ou moins.

Fabrice Curlier

Les bandes s’affrontent en ville

Le 6 février à 18 h 30, des affrontements inédits dans le centre-ville de Reims éclatent place du Théâtre. Armés de bâtons, couteaux, marteaux ou grosses gazeuses, plusieurs dizaines d’individus encapuchonnés s’attaquent à d’autres jeunes originaires de Croix-Rouge. L’un d’eux est sérieusement blessé à la tête à coups de marteau.

Un mois plus tard, cinq jeunes d’Orgeval sont mis en examen dans cette affaire analysée comme une sorte de match retour à la suite de précédentes violences, sur fond de rivalité entre quartiers. « Il y a toujours eu des bandes mais celles-ci sont d’une culture différente. Le sentiment d’appartenance à un territoire, à un groupe est bien plus fort » , explique un policier. « D’un territoire à l’autre, vous ne faites plus partie du même camp et vous êtes perçus comme un ennemi » , ajoute un collègue. « Ils aiment la violence et se défier les uns les autres pour montrer qui est le plus fort, même entre eux d’ailleurs. Sur les réseaux, on voit passer des vidéos de fight, parfois à un contre un, et celui qui l’emporte monte dans la hiérarchie du groupe. »

Le 24 janvier, le vol de téléphone d’un jeune de Croix-Rouge fut suivi d’une expédition punitive à Orgeval, quartier du présumé voleur (quatre blessés par balle et coups de couteau, deux mises en examen). La même mécanique a probablement joué lors de l’attaque des jeunes footballeurs du club de la Neuvillette, le 26 septembre au Creps de Croix-Rouge, où plusieurs dizaines d’individus armés de battes et de haches avaient particulièrement ciblé des joueurs originaires d’Orgeval (trois blessés, aucune mise en examen à ce jour).

Deux frères écroués après la chasse à l’homme des Châtillons

Dans la nuit du 19 au 20 août, un homme coursé aux Châtillons a perdu l’usage de ses jambes après avoir reçu deux balles dans le dos. Photo Guillaume Lévy

Les faits remontent à la nuit du 19 au 20 août. Depuis cette date, un Rémois de 41 ans est paraplégique, touché de deux balles dans le dos suivies de plusieurs coups de couteau et batte de base-ball qui auraient pu l’achever. C’était aux Châtillons, près de l’école Tixier-Mougne (L’union des 21 et 22 août). On ne l’a pas su à l’époque mais dès le mois suivant, l’enquête pour « tentative de meurtre » confiée à la sûreté départementale de Reims débouchait sur une première mise en examen, suivie d’une seconde le 17 décembre : celles de Gerson et Moïse Simao, deux frères de 21 et 26 ans placés en détention provisoire.

Les suspects sont originaires du quartier Croix-Rouge, de même que la personne agressée. Du dossier, il ressort que la veille des faits, des dégradations sont commises sur la voiture d’un proche de la victime. Convaincus que les deux frères en sont à l’origine, plusieurs individus se présentent au domicile de leurs parents, avenue Georges-Hodin, où ils pensent les trouver. Selon les déclarations de la famille, les visiteurs armés de battes de base-ball tambourinent à la porte en criant « Police » .

Quelques instants plus tard, deux individus munis d’une arme à feu apparaissent dans la rue et se lancent aux trousses de la victime. L’un des poursuivants lui tire deux coups de feu dans le dos qui touchent la moelle épinière. Le fuyard s’écroule. Ne sentant plus ses jambes, il se met à ramper pour s’abriter sous un véhicule mais les agresseurs l’extirpent de sa cachette. Le premier lui assène alors deux coups de batte de base-ball sur le crâne et au bras, tandis que le second lui saute dessus et le poignarde à trois reprises. Ils l’abandonnent en le laissant pour mort.

La victime affirme avoir été agressée pour une affaire qui ne la concerne pas. Aucune explication non plus du côté des suspects. « Je conteste les faits qui me sont reprochés » , a rappelé Moïse Simao lors de son passage devant le juge des libertés et de la détention, le 17 décembre. Son frère avait dit la même chose. Tous les deux affirment ne pas être venus chez leurs parents cette nuit-là, et donc ne pas avoir quitté l’appartement par la fenêtre pour courser la victime, selon le scénario de l’accusation.

Placés en détention provisoire afin d’éviter tout risque de « fuite » et de « pressions » , les deux frères ont également pâti de leurs casiers judiciaires. Ils font notamment partie des huit jeunes de Croix-Rouge condamnés pour la violente agression d’un basketteur du RCB, tabassé devant ses jeunes élèves lors d’une séance d’entraînement dans un gymnase du quartier, en mars 2018. Moïse avait pris deux ans de prison ferme, Gerson 30 mois.

Le lendemain de l’agression, ce dernier et deux amis avaient échappé à plusieurs coups de feu tirés depuis une voiture avenue Bonaparte, et pour lesquels deux autres frères ont été condamnés, de Wilson ceux-là (quartier d’origine du basketteur).

F.C.

Les autres points

Naufrage judiciaire après le meurtre de Magomed ?

Le 17 août 2018, un adolescent de 17 ans, Magomed, mourait d’une balle qui ne lui était pas destinée, lors d’une expédition punitive avenue Bonaparte, à Croix-Rouge (secteur Pays-de-France). Le commando en voulait à un membre du groupe que l’adolescent venait de rejoindre. Deux mois plus tard, malgré leurs dénégations, trois jeunes étaient mis en examen et écroués : deux de Wilson (soupçonnés d’être le tireur et le chauffeur), le troisième des Pays-de-France (suspecté d’avoir renseigné le commando). Depuis, tous ont été remis en liberté et un non-lieu général a été requis par le parquet. Les parties attendent désormais la décision du juge d’instruction.

Fin de cavale pour le tireur du Decathlon

Le 13 mars 2019, à la suite d’une bagarre entre jeunes des quartiers Europe et Châtillons, un mineur de 15 ans qui avait rendez-vous avec le groupe adverse devant le Decathlon de Cormontreuil, pour une explication, descendait du bus avec un fusil de chasse dans son sac. Poursuivant l’un des adolescents dans le magasin, il tirait un coup de feu, sans toucher personne. Un vigile le maîtrisait alors qu’il s’apprêtait à tirer la deuxième cartouche. Écroué pour « tentative de meurtre » puis placé en centre éducatif fermé, le mineur profitait du renouvellement de son placement, lors d’une audience au tribunal en février 2020, pour s’échapper à la sortie (L’union du 16 février). Depuis, il a été retrouvé à Lyon et de nouveau placé dans un centre.

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Au moins quatre feux de voiture la nuit du Nouvel An

S’il est difficile, comme chaque année, de connaître les « vrais » chiffres des violences urbaines de la nuit de la Saint-Sylvestre, on sait malgré tout que quatre véhicules – au moins – sont partis en fumée pendant les festivités à Reims.

Le 31 décembre, vers 19 h 45, avant le couvre-feu donc, c’est avenue du Général-Bonaparte, dans le quartier Croix-Rouge, que les premières flammes ont été repérées.

À minuit, c’est rue Jean-Jaurès à la Neuvillette qu’un autre véhicule était embrasé.

En deuxième partie de nuit, c’est rue Joliot-Curie, puis place Maurice-Utrillo à Croix-du-Sud, que deux nouveaux feux de voitures étaient recensés.

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12 infractions relevées à Croix-du-Sud

Nous rapportions dans notre édition du 31 décembre l’ample opération de police menée la veille par une trentaine de fonctionnaires dans le quartier Croix-du-Sud pour contrôler le respect du couvre-feu (et prévenir autant que possible les débordements de la Saint-Sylvestre). Le bilan chiffré est le suivant : 10 verbalisations pour non-respect du couvre-feu et 2 pour défaut de port de masque.

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sécurité : Le couvre-feu à l’heure du contrôle

Ils se baladaient sans masque 5 minutes après le début du couvre-feu : les deux jeunes vont écoper chacun de deux amendes !Hervé Oudin
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La police était présente en force hier soir à Croix-du-sud pour faire respecter l’interdiction de circuler après 20 heures. Une manière de « border » la Saint-Sylvestre .

Quel est le nom de ton père ? Et le nom de famille de ta mère ? Où sont nés tes parents ? » Le contrôle de police va loin. Face à un cordon de six ou sept fonctionnaires, en uniforme ou en civil, deux jeunes dos au mur, qui ont eu le malheur de se balader sans masque, et après 20 heures. Dans le voisinage, sous les guirlandes de Noël qui scintillent sur fond de nuit, plusieurs véhicules estampillés police sont stationnés. D’autres groupes portant des uniformes bleus et des armes occupent le terrain.

Nous sommes sur l’avenue Léon-Blum, axe majeur du quartier Croix-du-sud. La police est en train de mener un contrôle du couvre-feu de grande ampleur en ce mercredi 30 décembre. « Ce soir une trentaine de policiers sont engagés », indique Valérie Saintoyant, sous-préfète, qui participe à l’opération. Bientôt, deux véhicules sont arrêtés à leur tour : « Vous avez tous une attestation de déplacement ? » interroge un agent, lampe de poche braquée vers l’intérieur d’un des habitacles.

Les policiers ce soir-là, ne se sont pas montrés très « coulants ». « Il était 20 h 05 quand nous sommes tombés sur ces jeunes » reconnaît Joseph Merrien, directeur départemental de la sécurité publique. Et les deux fautifs ne s’en tireront pas avec une simple réprimande : deux amendes de 135 euros pour chacun, une pour l’absence de masque, une pour la violation du couvre-feu, après bien entendu, un relevé de leur identité.

Certes, il s’agit bien de montrer que l’on ne badine pas avec les règles imposées par la crise sanitaire. Mais on comprend qu’il s’agit aussi de prévenir les habituels débordements de la Saint-Sylvestre toute proche.

Si Croix-du-Sud a été ciblé pour cette opération démonstrative, c’est notamment qu’il est repéré comme possiblement « chaud » lorsque l’année s’achève. « Demain soir (ce jeudi), ce genre d’opération sera intensifié, avertit la sous-préfète : 280 policiers et gendarmes seront mobilisés dans tout le département ; et ils n’hésiteront pas à intervenir en cas de plainte du voisinage pour tapage nocturne ! »

Baisse de la délinquance en décembre

Faut-il y voir une simple coïncidence, ou bien un des effets indirects du couvre-feu ? Toujours est-il que la préfecture a constaté une baisse de la délinquance (en tout cas de certaines de ses formes) en ce mois de décembre 2020, par rapport à celui de 2019.

À Reims, en zone police donc, les chiffres bruts sont les suivants : -5% sur la délinquance générale ; -50% sur les AVIP (atteintes volontaires à l’intégrité physique) ; -45% sur les cambriolages ; -50% sur les vols avec violence. Pour l’adjoint au maire chargé de la sécurité Xavier Albertini, il y a forcément un rapport de cause à effet entre ces diminutions et l’interdiction des déplacements à partir de 20 heures.

À l’inverse, c’est une augmentation qui est constatée sur le trafic et l’usage de stupéfiants ; mais ceci peut s’expliquer par plusieurs opérations menées par les forces de police dans ce domaine ; on se souvient notamment des deux coups de filet effectués début décembre dans le quartier Croix-rouge, notamment au 43, rue Newton. Autre augmentation : celle des infractions sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Là, c’est l’ambiance générale de début décembre en France, très anti- violences policières , qui peut contribuer à expliquer la chose. En zone gendarmerie, la tendance sur les atteintes aux biens est elle aussi à la baisse : -20%, dont -26% pour les cambriolages ; et -14% sur les AVIP.

L’ESSENTIEL

Dans sa nouvelle version , de 20 heures à 6 heures, le couvre-feu est en vigueur depuis le 15 décembre.

Une ample opération de contrôle du respect de cette mesure était effectuée hier soir dans le quartier Croix-du-sud de Reims.

C’était aussi une façon de prévenir les habituels débordements de la St-Sylvestre.

Possible effet du couvre-feu : les chiffres font apparaître une diminution de la délinquance pour ce mois de décembre.

Antoine Pardessus

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politique : Les nouveaux conseils de quartier en question

Les conseils de quartier ont plus de 18 ans d’existence. La municipalité entend en modifier les contours… pas suffisamment selon l’opposition. Archive Remi Wafflart
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Alors que s’annonce une refonte des conseils de quartier, le Groupe Faisons respirer Reims espère d’autres ajustements pour une plus grande démocratie locale.

Lors du dernier conseil municipal, Charles Germain, adjoint au maire délégué à la Concertation, à la vie associative et aux maisons de quartier, avait présenté le nouveau dispositif relatif aux conseils de quartiers rénovés. Deux grands objectifs selon lui : toucher le plus de Rémois possibles et les faire travailler sur « des sujets plus variés » (L’union du 18 décembre), sachant qu’après 18 ans d’existence, il y avait « une envie de moderniser et d’améliorer ces conseils de quartier ».

Des points à améliorer, afin que la démocratie locale s’exprime pleinement

Si ces conseils de quartier vont intégrer un concept plus large sous l’appellation « Inventons le Reims d’après, donnez vie à vos idées » et permettre à tous de s’exprimer, Dominique Ledemé, Groupe Faisons respirer Reims (Génération-S), tout en saluant « le travail de réflexion qui a été mené et qui aboutit à des propositions qui tiennent compte en partie des avis émis par les personnes consultées dont notre groupe », a estimé que les décisions prises « ne sont pas suffisantes pour redynamiser la participation active des rémoises et des rémois, participation faible dans l’ancien dispositif, participation faible au moment des élections municipales. Et nous savons tous que c’est un enjeu d’importance pour l’avenir de notre ville et de toutes les institutions ». Et de relever quelques points « à améliorer », afin que la démocratie locale s’exprime pleinement.

1 Périmètres

Les périmètres retenus pour les quartiers ne permettent pas, selon lui, la mise en place de véritable espace de participation citoyenne. « Maintenir 12 conseils de quartier, c’est considérer qu’un conseil peut fédérer l’expression et animer le quotidien de plus de 16 000 personnes. Et dans certains quartiers, bien plus…(le périmètre du conseil de quartier Croix rouge – Hauts de Murigny correspond, en nombre d’habitants, à la ville d’Epernay). Certains regroupements de quartier renvoient à des réalités bien différentes tant au regard de l’histoire qu’à celui de la nature de l’habitat. Leur étendue fait que les habitants ne se connaissent pas. La création d’ateliers participatifs peut répondre à la volonté d’associer les habitantes et les habitants. Par contre le souhait de les rendre commun à plusieurs quartiers ou à l’ensemble de la ville risque d’avoir un effet contraire si une attention n’est pas portée à la présence et à la prise en compte de l’expression de chaque quartier. »

2 Budget

« L’absence de moyens contribue à l’absence d’implication , estime l’élu. Le budget participatif n’est pas une obsession idéologique, c’est la traduction d’une confiance de la municipalité envers les citoyennes et les citoyens qui acceptent de s’engager dans la vie de la cité. » Et de déplorer qu’au cours des derniers mandats, toute action envisagée par un conseil de quartier « ne pouvait pas être mise en place sans l’aval et la participation des élus et des services municipaux. Ce sera encore le cas dans le dispositif qui nous est présenté. De nombreuses municipalités, pas toutes de gauche, ont expérimenté avec succès le budget participatif sur appel à projet ou non. Une meilleure implication des habitantes et des habitants y est constatée ».

3 Proximité

Dans ce nouveau dispositif, la place des habitants resterait « incertaine » selon Dominique Ledemé. « La démocratie de proximité nécessite que nous allions au-devant des personnes, chose faites par la mise en place de la plateforme et de la borne interactive. Mais pour qu’un citoyen soit actif, il faut qu’il puisse être un acteur de plein exercice. Si nous pouvons apprécier que la présidence du comité de coordination soit accordée à un habitant, nous restons dans l’expectative quant au choix des habitants qui siégeront dans ces comités de coordination et quant à leur capacité d’exister face aux acteurs institutionnels et associatifs qui seront aussi nombreux qu’eux. En effet la prise de parole, l’exposé d’une idée qui peut devenir projet… n’est pas toujours facile quand on se trouve en face d’un élu, d’un représentant de la police ou du directeur de l’école où sont scolarisés les enfants. » Et de souligner l’importance de créer « un espace où les habitants pourraient se retrouver seuls pour échanger sans rapport d’autorité ».

L’articulation avec d’autres instances reste, selon lui, à définir, notamment avec les maisons de quartier, les conseils de citoyens… Autant de questions sans réponse pour le Groupe d’opposition qui s’est abstenu de voter la délibération.

Caroline Garnier


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