Revue de presse sur le quartier Croix-Rouge - articles - août 2020.



Quelques articles ne proviennent pas du journal « L’union » ; l’origine est alors indiquée par le lien en tête d’article.

Les notes de bas de page [ ] sont du rédacteur.

***********************************

l’union 200808b
Quartiers vus du ciel 7/9 : Croix-Rouge, Une ville dans la ville

Construit au cours des années 60, Croix-Rouge reste le quartier le plus peuplé de Reims. En 2007, on y comptabilisait plus de 37 000 habitants. Reportage photographique en drone : Aurélien Laudy
- Agrandir la photo
Les barres Taittinger, au fond, et le centre commercial de l’hippodrome au premier plan.
- Agrandir la photo
L’hippodrome voit le jour en 1952 sur l’ancien aérodrome du docteur Crochet et s’étend sur 20 ha.
- Agrandir la photo
Le Château d’eau et la médiathèque de Croix-Rouge.
- Agrandir la photo
L’avenue du Général-Bonaparte.
- Agrandir la photo
A deux pas de l’université et du parc Saint-John-Perse, les Polygones (groupes d’immeubles en forme d’hexagones) et la Lézardière (sous-quartier pavillonnaire).
- Agrandir la photo
ue Pierre-Taittinger.
- Agrandir la photo

 

 

 

 

 

Reims Cet été, chaque samedi, nous allons vous faire prendre de la hauteur pour redécouvrir les quartiers de la cité des sacres et vous raconter leur histoire. Cette semaine, direction, le quartier Croix-Rouge et Haut-de-Murigny.

C’est le quartier le plus peuplé de Reims, en 2007, on comptait 37 046 habitants, avec 7 901 logements dont 1 110 maisons.

Le quartier est situé au sud de Reims et a été construit au cours des années 60, sur une colline, « comprenant principalement des terres labourables et des vignes » , explique Michel Thibault, ce Rémois passionné par l’histoire de la ville a écrit un livre sur l’évolution de Reims.

Ces terres (270 ha) sont déclarées d’utilité publique, le 25 août 1962, à la demande de la municipalité, avec à sa tête alors, Jean Taittinger. « Il est prévu la construction de 6 000 à 8 000 logements et l’édification d’une faculté », indique Michel Thibault.

Les travaux ne commenceront finalement qu’en 1968. Des barres et des tours, ainsi que de grands espaces verts et plusieurs groupes de maisons individuelles composent le quartier.

Un immense chantier, dont la réalisation va s’échelonner jusqu’en 1980. Ce sont finalement 9 035 logements qui vont être bâtis autour de trois grands secteurs : La Rafale, Université / Pays-de-France et Croix-du-Sud.

Quant à l’université, « la faculté de lettres a été réalisée entre 1969 et 1972 et la faculté de droit fut construite entre 1972 et 1974, ainsi que les amphithéâtres en forme de coquilles. » C’est aussi à la même période que l’on construit « le Creps, l’école supérieure de commerce, ainsi qu’également le parc Saint-John Perse et les centres sociaux Billard et Taittinger » , ou encore « le groupe Eisenhower avec le centre commercial de la Rafale qui comprenait une vingtaine de commerces. »

Un quartier en constante évolution

De 2004 à 2014, le quartier Croix-Rouge a fait l’objet d’une rénovation urbaine importante : « des immeubles, des tours et passerelles ont été démolis, d’autres rénovés, enfin de nouveaux immeubles ont vu ou viennent de voir le jour, à l’exemple de la résidence universitaire et une nouvelle maison de quartier va être prochainement livrée » , commente Michel Thibault. « L’arrivée du tramway a redynamisé le quartier. »

Une rénovation jugée cependant non suffisante. Croix-Rouge a été retenu pour le nouveau programme de rénovation urbaine. « Actuellement dans le secteur Croix du Sud, autour de l’esplanade Paul-Cézanne et de la place Georges-Braque, des opérations de démolition sans reconstruction sont en cours » , rappelle Michel Thibault. Ce sont 1 182 logements dans le quartier qui vont être réduits en poussière. Mais aussi 1 058 logements et 33 cellules d’activité qui doivent être réhabilités.

« L’hippodrome de la ville de Reims qui s’étend sur 20 ha a été créé en 1952 sur l’ancien terrain d’aviation, du docteur Crochet appelé le toubib volant, fondateur de l’école des infirmières de l’Air, médecin chef du centre médical des pilotes civils de Reims » , poursuit Michel Thibault. « De nos jours, il permet d’attirer dans le quartier plus de 35 000 visiteurs et parieurs chaque année. »

Aurélie Beaussart

Michel Thibault. Reims et ses quartiers, édition Alan Sutton. La semaine prochaine : le quartier Laon Zola – Neufchâtel – Orgeval

 

 

 

 

 

***********************************

l’union 200808a
TENNIS Open de Géo-André Reims : Le festival des 2 e série

Camille Kleiber est favorite sur les installations de son club. Archive Jean-Marie Champagne
- Agrandir la photo

Décalé d’un mois, l’Open de Géo-André Reims a comptabilisé quelque 230 inscriptions, porté par les 2 e série. De quoi proposer un beau tableau masculin, qui devrait en toute logique se régler entre Gabriel Andruejol (2/6, Reims Europe Club) et Issey Chaudré (2/6, URT Reims). Reste que Flavien De Abreu (3/6, Vicaire), Jérôme Hervot (3/6, URT Reims), Éliot Roussel (3/6, Vitry-le-François) et Victor Dumont (3/6, Cormontreuil) chercheront à bousculer la hiérarchie. Au même titre que Vincent Pacanowski (4/6, Bezannes), souvent à l’aise sur ses anciens courts.

Dans le tableau féminin, la locale Camille Kleiber (2/6, Géo-André Reims) sera favorite devant Juliette Leroux (4/6, Orsay) et Claire Bretnacher (4/6, Villers-lès-Nancy).

En + 35 ans, la phase finale messieurs sera indécise avec Sébastien Choiselat (4/6, Reims Europe Club), Jérôme Dermonsir (5/6, Romilly-sur-Seine) et Jérôme Daix (5/6, Géo-André Reims). Chez les dames, Maïté Brion (15/3, Montmirail) devrait être opposée à Fabienne Girard (15/4, Bezannes).

PROGRAMME

DIMANCHE. – 9 heures : demi-finales ; 12 heures : finales + 35 ans ; 15 heures : finales dames et messieurs.

***********************************

l’union 200806b
santé : Distribution de tee-shirts anti UV pour les enfants

REIMS En juillet, dans le cadre de sa mission, la Ligue a distribué des tes-shirts anti UV dans les maisons de quartier.

Courant juillet, dans le cadre de ses actions de prévention solaire, le comité de la Marne de la Ligue contre le cancer s’est rendu dans les différentes maisons de quartier de la Ville, afin d’y distribuer des tee-shirts anti UV.

Le 15 juillet, c’est à la maison de quartier Croix-Rouge Espace Billard que les responsables de la Ligue ont fait une halte, afin d’offrir 43 de ces tee-shirts à des enfants participant à des sorties familles. Les animations de prévention solaire de la Ligue contre le cancer en lien avec les maisons de quartier figurent en effet au Contrat Local de Santé de la Ville de Reims.

Au total, 270 tee-shirts ont été offerts

Norbert Bigeat, président du comité 51 de la Ligue contre le cancer, en a profité pour rappeler aux enfants présents ce matin-là, les bons gestes pour protéger sa peau et ses yeux, comme « limiter au maximum son exposition au soleil, privilégier l’ombre et se couvrir avec un T-shirt, un chapeau et des lunettes de soleil. La crème solaire pouvant être utile ensuite pour les parties du corps qui restent découvertes… ». Il leur a également conseillé « d’éviter toute exposition au soleil entre midi et 16 heures, période de la journée où le rayonnement UV est particulièrement intense ».

Les enfants, très attentifs à ces conseils et participatifs aux échanges, ont ensuite reçu une casquette et un petit marque page reprenant sous forme de dessins les principaux gestes pour se protéger du soleil. Les T-shirts anti UV ont été confiés à Sarah Morillon, référente actions familles, en vue des prochaines sorties organisées par la maison de quartier. Ils offrent un indice de protection 50 et sont accompagnés de documentation pour les familles.

Fin juillet, Norbert Bigeat, accompagné de Romain Pierlot, chargé de prévention, et de Valérie Hémard, coordinatrice, ont poursuivi leurs rencontres avec les animatrices des 5 autres maisons de quartier de Val de Murigny Espace Turenne, Châtillons, Epinettes et les Sources. Ce sont en effet 270 T-shirts anti UV au total qui ont été remis aux différentes animatrices pour leurs groupes avec toute l’information appropriée.

C.G.

***********************************

l’union 200806a
société : Des immeubles infestés par les cafards

Les cafards, qui sortent surtout la nuit, investissent de nombreux appartements. Archive
- Agrandir la photo

Reims Des locataires du Foyer Rémois se plaignent depuis plusieurs mois d’une invasion de cafards.

Les locataires résidant dans les immeubles situés rue des Savoyards à Reims se sont trouvé un ennemi : le cafard. Depuis des mois, il pullule dans les différents bâtiments, s’invitant dans quasiment tous les appartements.

Des dizaines de logements infestés

Salah Byar, président du comité de défense des locataires du quartier Croix-Rouge – Pays de France, explique la situation : « Au 1, rue des Savoyards, trois appartements au rez-de-chaussée sont condamnés depuis plusieurs années. La nuit, on voit des cafards sortir de leurs portes. »

Mais ces cafards ne se baladent pas uniquement dans ces logements inhabités où personne n’a mis un pied depuis un bon moment ; ils seraient présents dans quasiment tous les logements de l’immeuble, du premier au sixième étage. « Ils sortent la nuit, grimpent aux murs, aux plafonds, suivent les canalisations, et on les retrouve dans nos appartements » , décrit Salah, locataire au premier étage. Et l’immeuble n’est pas le seul à subir cette invasion. Sandrine, qui réside au deuxième étage du 5, rue des Savoyards, ne s’en révolte même plus : « J’habite ici depuis 20 ans et les cafards ont toujours été là, dans la cuisine ou dans la chambre. Mais ces derniers mois, c’est vrai qu’il y en a de plus en plus. »

Les habitants se sentent abandonnés

Un souci qui vient s’ajouter aux nombreux autres que les habitants de la rue des Savoyards doivent affronter depuis des mois voire des années. Ils se sentent abandonnés par le Foyer Rémois, gestionnaire de ces immeubles.

« Depuis le changement de direction, nous ne sommes plus vraiment entendus » , se désole Salah. « Ils en font de moins en moins » , renchérit Sandrine. « Je n’arrête pas de les alerter sur les différents problèmes. Par exemple, ça fait deux mois qu’il n’y a plus de lumière sur mon palier et dans les escaliers. Personne ne vient. » Et Salah de rajouter : « Nous avions un gardien qui s’occupait de ces problèmes. Mais il est parti, car il en avait marre de tout devoir gérer à la place du Foyer Rémois. Et depuis septembre, il n’a pas été remplacé. » Une situation de plus en plus invivable pour les locataires de la rue des Savoyards.

Hugo Palacin

Nous sommes à l’écoute de nos locataires

Contacté par nos soins, le Foyer Rémois, organisme logeur qui gère les immeubles de la rue des Savoyards concernés par la prolifération de cafards, confirme avoir pris connaissance du sujet. L’entreprise assure être à l’écoute et accompagner les locataires rencontrant ce problème ; pour y remédier, elle dit proposer l’intervention d’une entreprise qu’elle mandate à chaque fois que cela est nécessaire, et autant de fois qu’il le faut même si cela requiert plusieurs interventions sur un même logement. En plus de cela, le Foyer Rémois organise deux fois par an la désinfection des vide-ordures par prévention. Enfin, l’entreprise explique qu’elle désinfecte les logements vacants et des immeubles complets lorsque cela est nécessaire, action qui a notamment été demandée pour l’immeuble du 1, rue des Savoyards. Le Foyer Rémois l’assure : « Nous essayons de faire le maximum pour nos locataires. »

***********************************

l’union 200805a
travaux : Cure de jouvence pour la ligne du tramway

Les différents chantiers se déroulent la nuit, pour éviter un maximum de désagréments, tout au long de la ligne du tramway. Cette semaine, une grande partie des interventions sont menées à Opéra-Cathédrale, l’axe le plus fréquenté.
- Agrandir la photo

Reims Débutés fin juin, les travaux d’entretien sur les voies du tramway se poursuivent chaque nuit. Au programme, interventions sur les rails de toutes les lignes et sur les enrobés en béton autour des stations.

Pour plus de confort et un fonctionnement optimal, l’exploitation du tramway nécessite des travaux d’entretien réguliers, menés en général pendant les vacances estivales afin de limiter au maximum les perturbations. Démarré à la mi-juin, le chantier se poursuit activement cette semaine « notamment sur les rails pour éviter les problèmes de crissement, ce qu’on appelle le rechargement , précise-t-on chez Citura, mais également des interventions sur les revêtements en béton autour des différentes stations ».

Ces travaux annuels sont réalisés sur la totalité de la ligne et s’inscrivent dans le cadre du contrat liant la Citura à Alstom, qui dépêche chaque soir ses équipes sur place.

Des nuisances sonores sont à prévoir pour les riverains les plus proches entre minuit et 5 heures

Afin de générer un minimum de désagréments pour les usagers et les automobilistes, l’ensemble des interventions sont réalisées la nuit. Elles démarrent en général vers 23 heures ou minuit pour s’achever vers 5 heures du matin, moment où la circulation reprend son cours normal. « En revanche, des nuisances sonores sont à prévoir pour les riverains les plus proches , reconnaît l’exploitant, c’est la raison pour laquelle nous prévenons en amont. Mais, si ces travaux se déroulent la nuit, c’est pour éviter les problèmes de circulation ». À noter qu’aucune déviation n’est à prévoir.

Pour l’essentiel, il s’agit donc d’opérations d’entretien des rails. En juillet, les ouvriers se sont concentrés autour des stations Danton-Rauseo, Belges, Jean-Macé et De Fermat. Cette semaine, ils s’attaquent toutes les nuits, hors week-end, de minuit à 5 heures du matin aux stations Gare Centre, Polyclinique Reims Bezannes, Arago, Campus Croix-Rouge, Belges, Jean-Macé, De Fermat et notamment Opéra-Cathédrale, le carrefour Opéra étant le plus important lieu de passage pour les transports en commun de la ville. Une reprise de ces mêmes travaux sur les rails est prévue du lundi 24 août au vendredi 4 septembre autour des stations Courlancy, Vesle, retour à Opéra-Cathédrale, mais aussi Georges-Hébert. À noter que cette nuit, entre 23 heures et 6 heures, les ouvriers d’Alstom seront également mobilisés entre le pont de Laon et la station Saint-Thomas.


Les revêtements aussi

D’autres interventions vont concerner les revêtements en béton de certaines plateformes, notamment cette semaine (jusque jeudi soir de 23 heures à 6 heures) autour des stations Opéra-Cathédrale et Vesle.

Caroline Garnier

***********************************

l’union 200803a
international : Shemsnur, fille d’un peuple persécuté

Shemsnur, vendredi, dans le quartier Croix-Rouge. Ses parents et ses sœurs résident toujours dans le Xinjiang, où elle n’est plus allée depuis 2013.M.L.
- Agrandir la photo

Reims Établie depuis des années dans la cité des sacres, cette Ouïghoure, dont la famille réside toujours en Chine, suit à distance la tragédie de son peuple. Entre rage et tristesse.

Parce qu’elle s’inquiète des répercussions que son témoignage pourrait avoir sur ses parents et ses deux sœurs, basées dans une petite ville du Xinjiang, cette province chinoise dans laquelle résident la plupart des Ouïghours, Shemsnur ne souhaite pas voir publié son nom et son visage. Arrivée en France à l’âge de 21 ans pour poursuivre ses études après avoir grandi dans le Xinjiang, région grand comme deux fois et demi la France et qu’elle préfère nommer Turkestan, cette femme de 36 ans, dont le prénom signifie « La lumière du soleil », oscille entre désespoir et colère à l’évocation de la tragédie que vit son peuple, martyrisé par le pouvoir chinois ( voir encadré).

Née d’une mère enseignante et d’un père commerçant, elle suivait des études de biochimie lorsqu’elle est arrivée en France « comme beaucoup de jeunes ouïghours » , expliquait-elle, vendredi, dans un français impeccable, à proximité du square Saint-John-Perse. Passée d’abord par Angers et Nancy, elle finit par s’établir à Reims, dont l’université est alors fréquentée par une petite communauté d’ouïghours. En 2009 puis 2013, elle retourne sur sa terre natale, où elle ne peut déjà que constater la répression subie par son ethnie : « C’était très compliqué à l’arrivée et au départ. J’ai été gardée plusieurs heures à l’aéroport, mon téléphone a été fouillé. » Pour « raisons politiques » autant que pour sa propre sécurité, elle n’y a pas remis un pied depuis.

Dans le Xinjiang, relate-t-elle, le réseau téléphonique est fermé aux appels internes. Les réseaux sociaux occidentaux sont interdits.

je sais qu’ils ont beaucoup de souffrances

« Je peux contacter mes parents via WeChat, une application surveillée par le gouvernement chinois » , détaille Shemsnur, contrainte à échanger des banalités avec sa famille. « Je sais qu’ils ont beaucoup de souffrances » , dit-elle, le regard embué. Celles-ci ne sont pas toutes récentes : son père a déjà été mis trois fois en prison, tandis que sa mère, en 2008, a passé un an dans un camp dit « de rééducation ».

« Je suis contente que la France et l’Europe se prononcent sur le sujet mais envoyer des observateurs ne réglera rien, Pékin ne leur montrera que ce qu’ils ont envie de montrer. Vous savez, le problème de mon peuple date de 1949 , confie-t-elle. Notre souffrance est là depuis 70 ans… Depuis trois-quatre ans, la situation s’est aggravée ; après avoir été assimilés, les Ouïghours sont… massacrés. » Nombreux sont ceux qui parlent désormais « d’extermination » et de « génocide » , accusations que Pékin juge sans fondement. Si elle précise ne rien reprocher au peuple chinois, Shemsnur admet ressentir de « la haine » à l’égard du pouvoir central. « Très inquiète » pour sa famille, elle s’excuse presque de ne pas s’informer au quotidien sur la situation du Turkestan : « À chaque fois que j’apprends quelque chose, ça me démoralise. Et j’ai besoin d’un peu d’optimisme pour avoir la force d’éduquer mes trois fils… »

une minorité chinoise ciblée par pékin

Les Ouïghours font partie des 55 minorités ethniques qui peuplent la Chine, où 56 groupes ethniques coexistent – les Hans constituent l’ethnie majoritaire. Les Ouïghours sont turcophones, comme les Kazakhs, et majoritairement musulmans sunnites. Les Ouïghours vivent surtout dans le Xinjiang, province du nord-ouest de la Chine. Cette région, également nommée Turkestan oriental, est frontalière de huit pays dont le Kazakhstan, la Mongolie et la Russie. En 1955, elle est devenue la « région autonome ouïghour du Xinjiang », mais elle n’a d’autonome que le nom. La liste des exactions commises par Pékin est longue : contrôle des naissances, actes de stérilisation forcés, internement arbitraire dans des camps de travail, mariages contraints entre femmes ouïghoures et hommes hans, surveillance continue… Entre 1,5 et 3 millions de Ouïghours seraient détenus dans des camps, estiment plusieurs associations. Depuis quelques années la Chine serait passée d’une politique assimilationniste à une politique visant frontalement à détruire les individus pour ce qu’ils sont.

Mathieu Livoreil

***********************************

l’union 200801a
Faits divers : Le portrait de Pierre Maître tagué

A la bombe rouge a été dessinée une croix dans un cercle (une croix celtique) et l’inscription Lazio Roma, club de football italien.
- Agrandir la photo

Saint-Brice-Courcelles Une croix celtique, symbole des mouvements d’extrême droite, a été dessiné sur le visage du militant.

La colère et une profonde tristesse. C’est ce qui prédominait jeudi, dans la soirée, après la découverte de la dégradation.

Avec le svastika (ou croix gammée), la croix celtique est sans doute l’un des symboles les plus repris par les mouvements d’extrême droite à travers le monde.

Jean-Claude Boulben, secrétaire générale des retraités CGT Marne et secrétaire des retraités des Verreries de Reims est un ancien des VMC, il ne comprend pas les raisons de ce passage à l’acte. « On m’a averti dans l’après-midi que les lieux avaient été dégradés. Sur le coup, j’ai pensé à la stèle. » Mais c’est le portrait de Pierre Maitre qui a été la cible, réalisé par un membre de l’association Pierre Maitre, il y a quelques années. « Nous trouvons inadmissible le tag de l’extrême droite sur le visage de notre ami et camarade Pierre. Cet homme a donné sa vie pour le mouvement ouvrier.

Nous envisageons de porter plainte pour dégradation du bâtiment, siège de l’association Pierre Maitre C’est inadmissible. » Jean-Claude Boulben espère qu’il s’agit d’un acte irréfléchi, « de gamins qui ne connaissent pas la vie de ce Rémois. »

Aurélie Beaussart

Un crime au retentissement national

Ouvrier aux Verreries mécaniques champenoises (VMC), Pierre Maître,37 ans, est abattu dans la nuit du 4 au 5 juin 1977 alors qu’il tient un piquet de grève devant l’usine, (Les revendications portent sur les salaires et le treizième mois) par des hommes qui tirent d’une voiture. Dix-sept balles ont été tirées. Pierre Maître en reçoit une en pleine tête. Deux autres ouvriers sont blessés. Le tireur : Claude Leconte, est membre du SAC (service d’action civique) fondé par Charles Pasqua. Pierre Maître habitait le quartier Croix-Rouge. Avec sa femme Yolande, il avait un enfant de 3 ans et une petite fille devait agrandir la famille. Un crime qui prendra une ampleur nationale. Le tireur fut condamné à vingt ans de réclusion criminelle, le conducteur à sept ans. Un énorme mouvement de solidarité est né après le décès. La veuve a reçu un mot de condoléances du président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Fin 2009, les VMC ferment. La rue, depuis 1978, porte le nom Pierre-Maître, tandis qu’une plaque commémorative rappelle que « Le 5 juin 1977 est tombé Pierre Maître, militant de la CGT, assassiné par un commando fasciste alors qu’il luttait pour la liberté et le progrès social. »

***********************************

l’union 200731a
faits divers : Le meurtrier présumé reste en liberté

C’est devant cet immeuble de l’avenue Bonaparte que Magomed, « au mauvais endroit au mauvais moment », selon l’expression d’une juge, avait été tué à l’été 2018. Il avait 17 ans.Ch.Lantenois
- Agrandir la photo

Reims La cour d’appel a confirmé, hier, la décision de placer sous contrôle judiciaire celui qui, accusé d’avoir tué Magomed Oumarov, a effectué vingt mois de détention provisoire.

Près de deux ans après la mort de Magomed Oumarov, les certitudes se font toujours plus rares. Trois semaines après qu’un juge des libertés et de la détention (JLD) a ordonné de remettre en liberté sous contrôle judiciaire Z., meurtrier présumé du lycéen tchétchène qui, depuis sa mise en examen, à l’automne 2018, a effectué 20 mois de détention provisoire, les juges de la cour d’appel ont confirmé, hier matin, cette décision contre laquelle le parquet avait vite fait appel.

après 20 mois, il n’est pas démontré ce qui, au départ, a été subodoré

Résumons, à la suite des débats d’hier, ce qui semble être la réalité de l’enquête : aucun élément matériel ne permet d’établir la responsabilité de Z. : pas d’ADN ou de téléphonie, des témoins qui se rétractent et beaucoup de rumeurs. Seule certitude, ce dossier illustre de la plus brutale des manières les haines recuites entre quelques jeunes de Wilson et de Croix-Rouge – on ne sait d’ailleurs pas si l’objectif du commando était de tirer pour tuer ou pour faire peur.

Z., lui, nie depuis le début les faits qui lui valent d’être toujours mis en examen pour « meurtre en bande organisée ». En début de semaine, le juge d’instruction a fait savoir aux parties qu’il considérait son instruction close… Compliqué, dans ces conditions, de renvoyer Z. derrière les barreaux. L’avocat général tenta toutefois d’argumenter en ce sens, se raccrochant au « risque de fuite » de celui qui, depuis le 9 juillet, respecte parfaitement un contrôle judiciaire qui lui interdit notamment de venir dans la Marne. « À part ça, je ne vois rien pour vous convaincre de le renvoyer en détention provisoire » , admit rapidement l’avocat général.

A la barre, Z. détailla ses démarches « pour tenter de me réinsérer » . Puis son avocat, M e Ammoura, prit le temps de saluer la décision « courageuse » du JLD, et d’envisager l’avenir : « Il ne faudrait pas que nous arrivions devant une cour d’assises avec un dossier aussi fragile. Après 20 mois d’enquête, il n’est pas démontré ce qui, au départ, a été subodoré. »

Mathieu Livoreil

LES FAITS

Le 17 août 2018 , un homme encagoulé descend de voiture et tire sur un groupe de jeunes, avenue Bonaparte, à Croix-Rouge. Magomed Oumarov, lycéen de 17 ans, est mortellement touché.

La rumeur d’une expédition punitive liée à un contentieux avec des individus de Wilson se répand aussitôt dans le quartier.

Le 18 octobre 2018 , trois jeunes de Wilson et Croix-Rouge sont mis en examen et écroués, le premier pour « meurtre commis en bande organisée », les deux autres pour « complicité ». Tous contestent les faits.

Le 9 juillet 2020 , le jeune de Wilson accusé d’avoir tiré est remis en liberté sous contrôle judiciaire (les deux autres suspects l’ont été l’an dernier).

***********************************

l’union 200730a
Un couple d’adolescents pris à partie

 

 

Mardi soir, un couple de deux mineurs a été pris à partie par plusieurs jeunes, mineurs également, alors qu’il marchait à hauteur de l’avenue Léon-Blum, quartier Croix-du-Sud, situé en zone de sécurité prioritaire (ZSP).

Après avoir été menacés et bousculés, ils auraient été volés d’une carte bleue. Arrivés sur place, les policiers ont interpellé trois protagonistes. Auditionnés, ils ont expliqué n’avoir joué aucun rôle dans les faits dénoncés par le couple.

Seul un mis en cause sera prochainement mis en examen par un juge des enfants.

 

 

***********************************

l’union 200729a
Faits divers : Un enfant molesté pour des chips

Le trio violent va devoir répondre de ses actions devant les juges. Illustration
- Agrandir la photo

Ce 24 juillet, vers 19 h 30, esplanade Eisenhower, au cœur du quartier Croix-Rouge, il était tranquillement en train de manger des chips, dans la rue, lorsque ce garçon de 4 ans se fait importuner par trois jeunes, qui veulent lui prendre ses chips. Il reçoit quelques gifles. Deux agents d’un bailleur social viennent au secours de l’enfant et s’interposent. Ils essuient alors des coups de pied et des coups de poing.

La police est appelée. Les trois jeunes, deux sont âgés de 16 ans et le dernier de 18 ans, sont ramenés au commissariat pour être entendus. Les deux agents se sont vus délivrer 3 jours d’ITT (incapacité temporaire totale) pour l’un et 4 jours d’ITT pour l’autre. Le trio nie les faits. À l’issue de leurs auditions, ils sont ressortis libre du commissariat.

Le majeur est convoqué pour violences en réunion, devant les juges du tribunal correctionnel de Reims, en date du 25 janvier prochain. Les deux mineurs vont prochainement être convoqués par un juge des enfants afin d’être mis en examen pour violences en réunion.

Aurélie Beaussart


Navigation

Articles de la rubrique